Côte d’Ivoire : Cherté de la vie à Abidjan: Des travailleurs, dorment dans leur véhicule !
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La vie Abidjanaise devenue de plus en plus chère et difficile ,
des travailleurs et hommes de petits métiers partagent les mêmes logis : Voitures et parkings. Ces nouveaux locataires de stations services et parkings, choisissent pour la plupart les quartiers résidentiels pour plus de sécurité : Le quartier d’affaires et administratif d’Abidjan -Plateau, Marcory résidentiel et Cocody-Angré …….
Les effets collatéraux de la crise financière persistent et les populations ironisent désormais leur sort , avec l’ expression.
_<< On est déjà né, seuls les durs, avancent. Mais ces <<supposés durs>>_ comment avancent t-ils ?
C’est à cette problématique que nous allons tenter de répondre , grâce à notre micro trottoir, qui nous a permis de découvrir, le nouveau mode de vie , de
> certains travailleurs, appelés abusivement » petits fonctionnaires » qui se démerdent comme ils peuvent pour trouver une solution de fortune à leurs soucis financiers en se logeant dans les voitures. Ces travailleurs qui perçoivent généralement un salaire compris entre 150.000f et 200. 000fcfa. La cherté de la vie, dans le pays les contraignent aujourd’hui à faire de leur véhicule leur <<domicile fixe>>. Après le travail, ils garent leurs voitures dans des stations services et parkings sous des immeubles, pour prendre la douche dans les toilettes publiques ou auberges ; pour ensuite revenir se coucher , dans leurs maisons de fortune . Ce , parfois avec l’accord des propriétaires des lieux ou vigiles. Notons que les noms de personnes que nous allons utiliser dans ce récit, sont des noms d’emprunt. Ne dit t-on pas que, <<pour mieux vivre, il faut vivre cacher ?>> Nos interlocuteurs ont donc voulu s’exprimer en toute discrétion.
Pierre Kossonou , Agent commercial immobilier explique, pourquoi il a trouvé logis dans son véhicule.<< Vous savez , la vie est devenue tellement difficile, financièrement à Abidjan, que j’ai eu du mal à faire face à mes factures et payement de mon loyer. J’ai donc demandé à mon frère aîné, qui a plus de moyens que moi de garder ma petite famille de 2 enfants et ma femme chez lui, le temps de trouver un emploi stable et bien rémunéré. Ça fait 7 mois qu’elle (famille)vit chez lui. >>
Quant à Martial Koffi, gérant d’une Agence de transfert d’argent en banlieue Abidjanaise , trouve sa nouvelle vie plus relaxe, avec moins de stress.
<< Je vivais dans un studio à Marcory , avec ma petite amie, mais ce que je gagne n’arrivait pas à couvrir mes charges. Je lui ai donc demandé de rentrer en famille, le temps de trouver mieux. Dormir à la belle étoile, puisque je dors dans un jardin public avec l’accord du Vigile à qui je donne 10.000fcfa chaque mois, j’arrive à économiser et j’ai même ouvert un petit commerce pour ma Chérie. >> a t-il conclu.
Le phénomène SDF touche également les femmes.
Ruth Konan , conseillère clientèle dans une microfinance, raconte comment elle s’est retrouvée d’une situation stable, dans sa voiture au bas d’une résidence meublée.
<< *C’est difficile et dangereux pour une femme de dormir dans un véhicule, mais cela s’est imposé à moi. Après des disputes avec mon mari un soir, au sujet d’un camarade de fac qui m’appelait constamment, furieux de colère, il a mis mes bagages dehors et a rompu avec moi, pour ses supposées infidélités. J’ai donc demandé à mes parents de garder ma fille et que je vais vivre désormais avec une camarade. J’ai donc pris la résolution de dormir dans ma voiture, mais je l’ai cachée à mes parents. Depuis 3 mois, je vis dans ce mensonge. J’ai expliqué ma situation au propriétaire d’un hôtel qui a accepté que je prenne la douche, dans son établissement. Après la douche, je viens dormir dans ma voiture et le matin, je fais pareil et je pars au boulot. Vous savez, les nombreuses voitures que vous voyez les soirs dans les stations services et parkings sous les immeubles, appartiennent à beaucoup de personnes qui sont dans la même situation que moi. A Abidjan on dit: La nuit, tous les chats sont gris >>* ! A sa suite, Paul explique son cas.
<< _Le week-end, je dépose mes vêtements sales chez les blanchisseurs(Lavage+repassage) du quartier ou je les remets à des « Fanicos », traduisez laveuses ambulantes d’habits. Je prends la « douche tarifée » à 200f dans l’auberge non loin de la station services, où je gare mon véhicule._ >>voilà la nouvelle de vie de Paul , employé dans une entreprise d’Assurance.
_<<Pour 20.000 FCFA , je bénéficie des toilettes et vestiaires d’un restaurant à Cocody . Le lieu est « clean », c’est mon appartement (rires).>>_ nous raconte Caritas Assandé , dans un humour teinté de mélancolie. Ce jeune homme d’une trentaine d’années , craint pour sa sécurité. _<<Les parkings sont parfois visités par des goujats tard dans la nuit, cherchant qui, dérober>>_ .
Caritas dit couvrir sa voiture, avec une bâche (papier plastique) pour éviter, d’être trop exposé aux regards des noctambules et voyous. Ils sont ainsi nombreux aujourd’hui à Abidjan à squatter les stations services et parkings des immeubles.
Mais , quand le prix des loyers et denrées alimentaires seront t- ils revus au rabais , pour le grand bonheur des populations ?
Pour l’instant, les Abidjanais croisent les doigts, en attendant la providence, qui viendra de leur espoir, leur nouveau Dieu : les gouvernants !
Par Alain MARTIAL

