Côte d’Ivoire: Détournement à la SGCI : un scandale financier de 1,6 milliard de FCFA devant la justice
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Le secteur bancaire ivoirien est ébranlé par une affaire de détournement d’une ampleur exceptionnelle. Une ancienne employée de la Société Générale Côte d’Ivoire (SGCI) est actuellement jugée pour avoir soustrait près de 1,6 milliard de francs CFA à son employeur, à l’issue d’un stratagème frauduleux déployé sur plusieurs années.
D’après les éléments présentés devant le tribunal d’Abidjan, la prévenue aurait exploité sa fonction pour effectuer des transferts illicites vers les comptes de son compagnon et d’un proche, leur faisant bénéficier de sommes respectives de 196 millions et 127 millions de FCFA, prélevées sur des comptes internes de la banque.
L’enquête a révélé un dispositif soigneusement élaboré, reposant notamment sur :
– des virements bancaires frauduleux vers des comptes tiers,
– des fausses saisies administratives destinées à dissimuler les sorties de fonds, et l’usage de chèques pour détourner des liquidités issues des comptes de contrôle.
L’audience a connu un moment de stupeur lorsque le compagnon de la mise en cause, bénéficiaire de près de 200 millions de FCFA, a affirmé que l’argent reçu provenait de ses prières, évoquant une « bénédiction divine ». Une déclaration qui a suscité l’incrédulité de la cour.
La présidente du tribunal a fermement rejeté cet argument, dénonçant une attitude motivée par la cupidité plutôt que par l’ignorance. Le procureur a, pour sa part, rappelé que la justice se prononce sur des faits concrets et non sur des croyances, écartant toute tentative de justification spirituelle.
Au-delà du procès, cette affaire met en lumière les insuffisances des mécanismes de contrôle interne au sein des établissements financiers. Le fait qu’un tel détournement ait pu perdurer pendant cinq ans sans alerte interroge et appelle à un renforcement des dispositifs de surveillance et de conformité.
Elle soulève également la question de la responsabilité pénale des bénéficiaires de fonds suspects, souvent prompts à invoquer la foi ou l’ignorance pour se soustraire à leurs obligations judiciaires.
Par Ousmane Diallo

