Gabon : Sylvia Bongo Valentin dénonce des tortures et rejette sa condamnation à 20 ans de prison

L’ancienne première dame du Gabon, Sylvia Bongo Valentin, est sortie de son silence depuis son exil à Londres. Dans un entretien accordé à France 24 et diffusé le 6 mars 2026, l’épouse de l’ancien président Ali Bongo Ondimba est revenue sur sa chute après le coup d’État d’août 2023, dénonçant des tortures durant sa détention tout en rejetant catégoriquement les accusations portées contre elle.

 

Une arrestation après le coup d’État

Selon son témoignage, tout a basculé dans la nuit du Coup d’État au Gabon de 2023. Elle affirme avoir été arrêtée quelques minutes après l’annonce officielle de la réélection de son mari. Des militaires armés et cagoulés auraient fait irruption pour l’emmener, avec son fils cadet, vers le palais présidentiel de Libreville.

Elle raconte avoir ensuite été retenue pendant plusieurs mois dans des résidences de la présidence, où ses geôliers auraient exigé ses relevés bancaires sous la menace de s’en prendre à son fils aîné, Noureddin Bongo Valentin.

Des accusations de sévices et de tortures

L’ancienne première dame affirme que sa détention aurait pris une tournure encore plus violente en novembre 2023. Elle dit avoir été transférée dans les sous-sols de la présidence où elle aurait été attachée et maltraitée.
Selon son récit, elle aurait été contrainte d’assister au passage à tabac de son fils Noureddin, qu’elle décrit dans un état critique après avoir subi des coups violents. Elle affirme également avoir été elle-même frappée et humiliée.
Ces aveux, explique-t-elle, auraient été obtenus sous la contrainte, ce qui expliquerait les documents qu’elle dit avoir signés sans en connaître le contenu.

Condamnée à 20 ans de prison

Malgré ces déclarations, la justice gabonaise a condamné Sylvia Bongo Valentin le 12 novembre 2025 à 20 ans de réclusion pour détournement de fonds publics et abus de pouvoir.
Elle rejette toutefois ces accusations, notamment celles portant sur des détournements évalués à plusieurs milliers de milliards de francs CFA et l’acquisition de biens immobiliers de luxe à l’étranger. Elle affirme vouloir porter l’affaire devant des juridictions internationales afin, selon elle, de « faire éclater la vérité ».

Un déni de toute influence politique

Interrogée sur les accusations selon lesquelles elle aurait dirigé le pays après l’accident vasculaire cérébral de son mari en 2018, Sylvia Bongo nie toute implication.

Elle affirme n’avoir que très rarement participé aux affaires de l’État et assure ne pas s’être mêlée de la politique gabonaise durant les quatorze années de présidence de son époux.

Un exil définitif

Libérée après près de vingt mois de détention, Sylvia Bongo explique que sa sortie du Gabon aurait été facilitée par l’intervention du président angolais João Lourenço.

Installée aujourd’hui à Londres, l’ancienne première dame affirme qu’elle ne remettra « jamais » les pieds au Gabon, évoquant les souffrances subies pendant sa captivité.

Par Jérôme Wailifu

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