Côte d’Ivoire : À Sangouiné, une enseignante échappe à une tentative de viol, le suspect relâché nargue sa victime

L’émoi est grand au sein de la communauté éducative de la région du Tonkpi. Dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 mars 2026, une enseignante du Groupe Scolaire Dainé, situé dans la ville de Sangouiné (département de Man), a été victime d’une tentative d’agression sexuelle. Si elle a pu échapper in extremis à son agresseur, c’est la liberté de ce dernier et son comportement provocateur qui suscitent aujourd’hui l’indignation et l’inquiétude.

Il était environ 2 heures du matin lorsque M. F., enseignante dans cet établissement primaire, a été brutalement tirée de son sommeil. Exténuée par une journée de travail harassante au service de l’éducation nationale, elle dormait profondément lorsque des coups violents frappés à la porte de son domicile l’ont réveillée en sursaut.

Refusant de décliner son identité, l’individu qui se tenait derrière la porte n’était pas venu, selon les premiers éléments, pour une visite de courtoisie. Des témoignages évoquent un homme « au pantalon anormalement gonflé », laissant présager des intentions criminelles. Paniquée et tétanisée par la peur, l’enseignante a eu le réflexe de crier, brisant le silence de la nuit noire et donnant l’alerte.

Les hurlements de la victime ont réveillé un collègue demeurant à proximité. Ce dernier s’est immédiatement lancé à la poursuite du suspect. Bien que faisant preuve de courage, il n’a pu rattraper le fuyard, qui a pris la poudre d’escampette avec une vélocité remarquable.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais elle prend une tournure plus scandaleuse encore. Selon des sources concordantes, le présumé agresseur aurait été interpellé par les forces de l’ordre peu après les faits. Contre toute attente, il a depuis été libéré. Pire, il narguerait ouvertement sa victime, circulant librement et semant la terreur au sein de la population locale.

Cette liberté, perçue comme une provocation, fait craindre le pire aux habitants. Une source locale confie : « Il continue de narguer sa victime, ce qui fait craindre à tout le monde un ‘Gbatongoin bis’. » Une référence explicite au drame survenu dans un village voisin en 2024, où une enseignante avait été brûlée vive à son domicile, un traumatisme encore vif dans les esprits.

Face à ce qu’ils qualifient déjà d' »affaire scabreuse », les syndicats de l’éducation de la DRENA de Man montent au créneau. Ils appellent les autorités judiciaires et administratives à faire toute la lumière sur cette tentative d’agression et sur les conditions de la libération du suspect. Ils promettent de « peser de tout leur poids » pour que justice soit rendue à leur collègue et pour que sa sécurité, ainsi que celle de tous les personnels enseignants de la région, soit garantie.

Cette nouvelle agression ravive le débat sur la sécurité des enseignantes, particulièrement dans les zones rurales et isolées, où elles sont souvent vulnérables sur leur lieu de résidence.

 

Par Ousmane Diallo 

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