Europe : Madeleine Georgette Juguin, mémoire vivante de l’arc horloger transmanche

 

Fille de Joseph Marie Eugène Juguin (1867-1917), négociant et d’Hester Ann Mary Walker (1870-1952), Madeleine Georgette Juguin (1897-1984) fut une horlogère investie aux côtés de son mari, Jean Baptiste Marc Marie Chanvril, grand horloger puis illustre industriel qui se spécialisa dans la télégraphie militaire.

L’avenue Ruth Bösiger ? La rue Grisélidis Réal ? Ou le boulevard des Trente Immortelles de Genève ? Si ces noms ne vous disent rien, c’est parce que ces rues n’existent pas. Ou pas encore… À Genève, l’Escouade a fait surgir cent femmes du passé où elles avaient été enfouies, en installant de nouveaux noms de rues dans la ville. Le livre 100Elles constitue le recueil de ces cent portraits illustrés.

Cent biographies de femmes ayant marqué l’histoire du VIe au XXe siècle pour lutter contre l’effacement des figures féminines de la mémoire collective et les mécanismes patriarcaux de l’historiographie.

Le « Quai des ouvrières Horlogères » est une plaque de rue symbolique installée en 2019 à Genève (sur le quai Bezanson-Hugues) dans le cadre du projet 100Elles. Elle rend hommage aux femmes artisanes qui ont été fondamentales au développement de l’industrie horlogère genevoise, souvent dans l’ombre des maîtres horlogers, notamment au XVIIIe et XIXe siècles.

Points clés :

Emplacement : Cette plaque se situe sur le quai Bezanson-Hugues, près de la rade de Genève.

Contexte historique : Ce projet de 100Elles* vise à féminiser l’espace public pour reconnaître le rôle clé des femmes dans l’histoire de la ville.

Importance : Si les hommes étaient souvent inscrits comme « maîtres », les ouvrières (souvent des femmes, épouses ou filles d’horlogers) réalisaient une grande partie du travail minutieux de finition et d’assemblage.

Ce projet s’inscrit dans la mise en valeur du patrimoine horloger de la ville, souvent exploré via la Route de l’Horlogerie qui met en lumière les manufactures et les lieux historiques de la capitale de l’horlogerie.

Une question écrite sénatoriale a été publiée en avril 2026 au journal officiel, grâce à l’intervention de la sénatrice de la Manche Béatrice Gosselin, en faveur de l’extension de l’inscription UNESCO des savoir-faire horlogers à un périmètre transmanche.

Ce plaidoyer horloger vise également à faire mieux reconnaître la place des femmes dans l’histoire des sciences, à l’instar du télescope astrographique Annie Maunder (AMAT) de Greenwich qui porte le nom d’Annie Maunder, astronome, astrophotographe et vulgarisatrice scientifique pionnière.

Sur les bords de la Tamise, l’Observatoire royal de Greenwich a été fondé par Charles II Stuart en 1675, de retour d’exil en France. Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, la navigation en haute mer sans repères était périlleuse. La longitude imposait de connaître l’heure réelle précise.

Par son talent diplomatique, Louise de Keroual a favorisé l’ouverture de l’horlogerie et la mesure du temps (quête de la longitude) dans l’engrenage de la navigation en mer et dont la Grande Rue des Stuarts célèbre encore aujourd’hui l’importance pour le développement des techniques horlogères.

Espionne du roi Louis XIV et maîtresse du roi anglais Charles II Stuart, Louise de Keroual a attiré l’attention sur les travaux et les instruments de l’Observatoire royal de Paris dirigé par le grand Cassini, visant à une mesure plus fiable de la longitude pour la navigation en haute mer.

Cette information a conduit le roi d’Angleterre à engager la construction de l’Observatoire royal de Greenwich, dont l’inscription à l’UNESCO symbolise aujourd’hui les efforts artistiques et scientifiques des XVIIe et XVIIIe siècles.

A l’échelle de l’arc horloger transmanche, plusieurs horlogères de renom sont tombées dans l’oubli : Anne-Marie Dolon, Marie Mélanie Jouet, Emilienne Gallerand, Madeleine Georgette Juguin… et bien d’autres.

Kevin LOGNONÉ, auteur des Avatars de la Grande Rue des Stuarts

 

 

 

 

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