Tchad : Libération du médecin tchadien enlevé par Boko Haram dans la région du Lac
Une source sécuritaire de haut niveau a confirmé ce lundi 4 mai la libération du chirurgien pédiatrique, enlevé début avril. Le sous-préfet de Daboua est actuellement en train de le raccompagner vers la localité.
Ouf de soulagement dans la province du Lac Tchad. Le médecin tchadien enlevé au début du mois d’avril par des insurgés de Boko Haram a été libéré, a appris journal l’œil du Sahara ce lundi auprès d’une source sécuritaire de haut niveau.
« Le sous-préfet de Daboua est en train de le ramener à Daboua », a simplement déclaré cette source, sans toutefois fournir de détails immédiats sur les circonstances exactes de cette libération. Aucune information n’a filtré pour l’instant sur d’éventuelles négociations ou sur le versement éventuel de la rançon exigée par les ravisseurs.
Un enlèvement qui avait suscité une vive émotion
Le chirurgien pédiatrique, dont l’identité n’a pas été officiellement divulguée, avait été kidnappé en même temps qu’un groupe de ressortissants tchadiens alors qu’ils se trouvaient dans la région instable du lac Tchad. L’opération, attribuée aux jihadistes de Boko Haram, avait rapidement été suivie d’une revendication : les ravisseurs exigeaient une rançon colossale de 500 millions de francs CFA (environ 762 000 euros) pour sa libération.
Cet enlèvement avait provoqué une vive émotion au Tchad, en particulier dans les milieux médicaux, où le praticien était reconnu pour son engagement auprès des enfants de la région.
La libération de l’otage intervient dans un climat sécuritaire toujours extrêmement fragile dans le bassin du lac Tchad. Cette zone, partagée entre le Tchad, le Nigeria, le Cameroun et le Niger, est régulièrement le théâtre d’attaques meurtrières, de prises d’otages et d’opérations des forces armées contre les groupes armés terroristes.
Malgré les efforts de la Force multinationale mixte (FMM) et des armées nationales, Boko Haram et sa branche dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), continuent d’y mener des incursions et d’y imposer une loi de la terreur, prenant pour cibles aussi bien les militaires que les civils, les pêcheurs, les agriculteurs ou les travailleurs humanitaires.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités tchadiennes pour confirmer ou infirmer cette information. Une déclaration du gouverneur de la province du Lac ou du ministère de la Sécurité est attendue dans les prochaines heures.
Cette libération, si elle se confirme définitivement, met fin à près d’un mois de captivité pour ce médecin, dont le sort avait mobilisé les autorités et l’opinion publique tchadienne.
Par Mbaikoula Philippe

