Afrique : Confédération AES : Ibrahim Traoré dresse un bilan positif et dénonce des « pressions économiques et médiatiques »

 

À l’occasion du deuxième anniversaire de la Confédération des États du Sahel (AES), le président confédéral et chef de l’État burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a salué les « résultats tangibles » enregistrés depuis la création de l’organisation. Dans une allocution, il a toutefois vigoureusement dénoncé ce qu’il perçoit comme une guerre économique et médiatique visant à déstabiliser l’alliance formée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Un bilan jugé « satisfaisant » sur les plans politique et sécuritaire

S’adressant à la nation, Ibrahim Traoré a dressé un bilan « positif et très satisfaisant » de la première année de mise en œuvre de la feuille de route de la Confédération . Il a mis en avant le renforcement de la coopération politique entre les trois États, les progrès de la coordination diplomatique et surtout l’intensification de la coopération militaire, présentée comme un axe majeur dans la lutte contre le terrorisme qui frappe la région .

Le président confédéral a également tenu à saluer le leadership du président de la Transition malienne, Assimi Goïta, et a remercié son homologue nigérien, Abdourahamane Tiani, pour son engagement en faveur des idéaux de l’AES.

Dénonciation de tentatives de déstabilisation

Malgré ce bilan jugé positif, Ibrahim Traoré a dénoncé avec force ce qu’il qualifie de « guerre économique et médiatique » menée contre les trois États membres. Il a évoqué des campagnes de désinformation et des tentatives de déstabilisation orchestrées, selon lui, pour fragiliser l’alliance. Il a toutefois tenu à rassurer en affirmant que la Confédération n’est dirigée « contre aucun peuple, aucune nation, ni aucune organisation », mais qu’elle répond à une volonté souveraine de renforcer la sécurité et l’indépendance des pays membres.

Nouvelles priorités et dialogue avec la CEDEAO

Pour la deuxième année de la Confédération, Ibrahim Traoré a fixé plusieurs priorités ambitieuses. Il a notamment cité le renforcement de l’autodéfense collective, l’intégration économique, l’industrialisation, ainsi que les souverainetés énergétique et alimentaire. La libre circulation des personnes et des biens au sein de l’espace confédéral est également réaffirmée comme un objectif clé.

Par ailleurs, concernant les relations avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le président Traoré a indiqué que les consultations se poursuivaient. L’objectif est de définir un nouveau cadre de relations fondé sur le respect mutuel et la souveraineté des États . Cette déclaration intervient alors que les experts des trois pays de l’AES se sont récemment réunis pour élaborer une stratégie de dialogue avec la CEDEAO, dans le but de préserver les intérêts des populations ouest-africaines tout en actant le nouveau cadre institutionnel .

Par Frédéric Konaté 

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