Sénégal : Ousmane Diagne nommé à la tête du Conseil constitutionnel par le président Bassirou Diomaye Faye
Un nouveau chapitre s’ouvre pour la plus haute juridiction du Sénégal. Par un décret signé ce lundi 13 juillet 2026, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a nommé Ousmane Diagne membre et président du Conseil constitutionnel . Il succède à feu Mamadou Badio Camara, décédé le 10 avril 2025, dont le souvenir reste vivace dans le monde judiciaire .
Cette nomination, officialisée par le décret n°2026-1318, a été annoncée dans un communiqué de la Présidence de la République signé par le ministre secrétaire général, Oumar Samba Ba .
Un parcours judiciaire et politique au service de l’État
Ousmane Diagne n’est pas un inconnu des institutions sénégalaises. Magistrat de profession, il a gravi les échelons de la justice avec une constance saluée par ses pairs. Il a notamment exercé les fonctions de procureur général près la Cour d’appel de Dakar, puis de Premier avocat général près la Cour suprême, avant d’accéder au poste de ministre de la Justice, Garde des Sceaux, dans le premier gouvernement dirigé par Ousmane Sonko .
Écarté de l’exécutif lors d’un remaniement ultérieur, il effectue aujourd’hui un retour institutionnel de premier plan en prenant les rênes d’une juridiction clé du paysage politique sénégalais .
Le nouveau président du Conseil constitutionnel succède à une figure tutélaire de la justice sénégalaise. Mamadou Badio Camara, décédé à Dakar le 10 avril 2025 à l’âge de 73 ans, avait été nommé membre du Conseil en 2021 avant d’en devenir le président en septembre 2022 . Son parcours exceptionnel, marqué par un engagement constant pour l’État de droit, lui avait valu une reconnaissance tant au niveau national qu’international. Il avait notamment été vice-président du Comité des disparitions forcées des Nations unies et président de l’Association des Cours constitutionnelles francophones (ACCF) .
Une institution au cœur de la vie démocratique
Le Conseil constitutionnel, chargé de veiller à la conformité des lois à la Constitution et d’intervenir dans le contrôle des procédures électorales et institutionnelles, occupe une place centrale dans le système démocratique sénégalais . Avec cette nomination, Ousmane Diagne hérite d’une responsabilité majeure à un moment où les enjeux constitutionnels et électoraux restent au cœur de l’actualité.
La communauté judiciaire et politique sénégalaise attend désormais de voir comment l’ancien Garde des Sceaux exercera cette haute fonction, lui dont le parcours syndical et associatif, forgé dès ses années étudiantes et au sein du Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST), témoigne d’une sensibilité aux combats sociaux .
Par Cherif Keita

