Cameroun : Visite historique de l’archevêque de Cantorbéry : Sarah Mullally attendue du 31 juillet au 4 août
Quatre mois après la visite historique du pape Léon XIV en avril dernier, le Cameroun s’apprête à accueillir une autre haute figure du christianisme mondial. L’archevêque de Cantorbéry et cheffe de la Communion anglicane, Sarah Mullally, effectuera une visite religieuse et diplomatique au Cameroun du 31 juillet au 4 août 2026. Ce déplacement, le premier d’un chef de la Communion anglicane dans le pays depuis l’accession de Mme Mullally à la primatie, confirme la place croissante du Cameroun sur la carte des grandes visites œcuméniques internationales.
Intronisée en janvier 2026 comme 106e archevêque de Cantorbéry, Sarah Mullally a marqué l’histoire en devenant la première femme à occuper cette fonction et à diriger l’Église d’Angleterre. Son parcours est atypique : avant d’accéder à la primatie, elle a exercé comme infirmière et a été directrice des soins infirmiers au ministère britannique de la Santé, un engagement pour la santé publique qui devrait influencer son agenda camerounais.
La visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée ouest-africaine qui la mènera au Ghana puis au Cameroun, du 26 juillet au 8 août. Selon un communiqué de Lambeth Palace, « le but de cette visite est d’apprendre et d’écouter, de renforcer les liens entre le Siège de Cantorbéry et la Province, et de favoriser des relations œcuméniques plus profondes ».
Un agenda mêlant foi, diplomatie et action sociale
Durant son séjour de cinq jours, l’archevêque de Cantorbéry devrait être reçue en audience par le chef de l’État, Paul Biya, et s’entretenir avec plusieurs membres du gouvernement. Son programme, encore en cours de finalisation, prévoit des rencontres avec les responsables de l’Église anglicane du Cameroun, une visite d’institutions sanitaires – en écho à son passé d’infirmière –, ainsi qu’un temps de prière œcuménique avec des représentants des autres confessions chrétiennes et de la communauté musulmane.
Le volet Commonwealth de la visite, porté par le ministre délégué chargé de la Coopération avec le Commonwealth, Félix Mbayu, devrait donner lieu à des annonces en matière de coopération éducative et culturelle.
Une mobilisation diplomatique de haut niveau
À une dizaine de jours de l’arrivée de cette hôte de marque, le ministre camerounais des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, a présidé le 20 juillet à Yaoundé une séance de travail avec une délégation britannique, conduite par le chargé d’affaires par intérim du Royaume-Uni. En présence du ministre délégué chargé de la Coopération avec le Commonwealth, Félix Mbayu, ainsi que de plusieurs responsables administratifs, les échanges ont porté sur les dispositions diplomatiques, protocolaires et logistiques destinées à assurer le bon déroulement du séjour.
« Il s’agit de garantir un accueil à la hauteur des excellentes relations qui unissent le Cameroun, le Royaume-Uni et la Communion anglicane », a indiqué un participant sous couvert d’anonymat.
Le Cameroun, carrefour œcuménique en Afrique centrale
La visite de Sarah Mullally intervient dans un contexte symbolique fort. En avril dernier, le pays avait accueilli la visite historique du pape Léon XIV, marquée par un appel vibrant à la réconciliation et à la cohésion sociale. L’enchaînement de ces deux déplacements de haute facture, en l’espace de quatre mois, illustre la volonté des autorités de Yaoundé de positionner le Cameroun comme une plateforme du dialogue interreligieux en Afrique centrale.
Le départ de l’archevêque de Cantorbéry est prévu le 4 août en fin de matinée, au terme d’une visite qui, espèrent les organisateurs, contribuera à « consolider les liens spirituels et humains » entre la Communion anglicane et le Cameroun.
Par Georges Domo

