Tchad : Tribunal de Kélo : une nouvelle ère s’ouvre avec l’arrivée de quatre magistrats, dont un juge aguerri de Gagal

C’est une page qui se tourne pour la justice dans la Tandjilé-Ouest. Ce vendredi 31 juillet 2026, une audience solennelle a consacré l’installation des quatre magistrats fraîchement nommés à la tête du Tribunal de Grande Instance de Kélo. Une cérémonie sobre, mais chargée de symboles, en présence des autorités locales et d’une population venue en masse. Parmi eux, un homme suscite déjà toutes les attentions : Ngatcheogo Francis Ouangué, un magistrat dont le passage à Gagal a marqué les esprits.

Le décret est tombé le 22 juillet dernier. Par le décret n°2093/PR/CSM/2026, le président de la République a renouvelé l’équipe dirigeante du Tribunal de Grande Instance de Kélo. Neuf jours plus tard, le 31 juillet, l’institution judiciaire a officiellement accueilli ses nouveaux responsables, à l’occasion d’une audience publique en présence du Secrétaire général du département de la Tandjilé-Ouest, Adigazia Mabagué, qui a supervisé la cérémonie.

Une nouvelle équipe aux commandes : un renfort de taille pour la juridiction

L’audience solennelle a permis de sceller la prise de fonction des quatre magistrats, désormais opérationnels :

· Mahamat Ahmat Moukhtar endosse la fonction de président du Tribunal de Grande Instance. Il aura la charge de piloter la juridiction et d’en garantir la régularité et l’efficacité.
· Issa Souleymane Senoussi et Ngatcheogo Francis Ouangué rejoignent le siège en qualité de juges. Ils seront chargés de rendre la justice dans les affaires civiles et commerciales relevant de leur compétence.
· Larhosponel Gustave est quant à lui installé au parquet comme substitut, représentant désormais le ministère public et veillant à l’application stricte de la loi.

Ngatcheogo Francis Ouangué : un juge qui a fait ses preuves à Gagal

Si les regards se tournent vers cette nouvelle équipe, c’est surtout le parcours de Ngatcheogo Francis Ouangué qui retient l’attention. Avant d’arriver à Kélo, ce magistrat a exercé en qualité de juge de paix à Gagal, dans le département de la Nanaye (Mayo-Kebbi Ouest). Et son passage dans cette localité n’est pas passé inaperçu.

À Gagal, il a été confronté à une situation délicate : des pressions de l’administration locale tentaient de l’influencer, allant jusqu’à exiger la mise à disposition des locaux du tribunal. Un véritable test pour l’indépendance de la justice. Mais Ngatcheogo Francis Ouangué a tenu bon. Refusant de plier face à ces sollicitations jugées intrusives, il a incarné la résistance d’un juge attaché à l’État de droit. Un comportement salué par ses pairs et les syndicats de magistrats, qui avaient à l’époque dénoncé ces ingérences.

Au-delà de cette fermeté, c’est sa sagesse dans le traitement des dossiers qui lui a valu l’estime et l’affection de la population. Il a su trancher avec équité des affaires complexes, notamment les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs, qui opposent souvent des communautés entières. Son sens du dialogue et sa recherche constante de solutions apaisantes ont fait de lui un juge proche des justiciables, respecté de tous. Son implication dans une affaire familiale sensible – la répudiation de trois enfants par le chef de canton de Gagal – a également conforté sa réputation. En orientant le père des enfants dans la procédure judiciaire, il a fait preuve de la rigueur et du courage qui caractérisent les grands serviteurs de la justice, quitte à déplaire à certaines autorités locales.

Cette popularité, acquise sur le terrain, a visiblement été remarquée jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Sa nomination à Kélo est perçue comme un signe de confiance des autorités suprêmes envers sa personne et ses compétences. Un gage de sérieux pour la juridiction qui l’accueille.

Une cérémonie suivie par une foule attentive et pleine d’espoir

La salle d’audience n’a pas désempli tout au long de la cérémonie. Autour du Secrétaire général Adigazia Mabagué, les autorités administratives, militaires, ainsi que les responsables des services civils ont pris place aux côtés de nombreux citoyens de Kélo. Tous étaient venus assister à ce moment fort pour la vie judiciaire locale, témoignant de l’attachement des populations à une justice de proximité.

Dans son intervention, le représentant de l’administration a salué l’engagement des magistrats entrants et rappelé l’importance de leur mission au service de l’État de droit. Mais c’est surtout l’arrivée d’un homme comme Ngatcheogo Francis Ouangué qui a électrisé l’assemblée. Son expérience du terrain, forgée dans l’adversité, fait de lui un magistrat rompu aux défis, prêt à insuffler une nouvelle dynamique à la justice kéloise.

Un nouveau souffle pour la justice à Kélo

Avec cette installation, le Tribunal de Grande Instance de Kélo amorce une nouvelle phase de son fonctionnement. L’enjeu est clair : renforcer le service public de la justice, améliorer les délais de traitement des affaires et offrir aux justiciables une institution plus réactive et plus proche de leurs réalités.

Pour les habitants de la Tandjilé-Ouest, cette journée marque moins une fin qu’un commencement – celui d’une justice résolument tournée vers l’avenir et au service de tous. Avec des magistrats comme Ngatcheogo Francis Ouangué, dont la bravoure à Gagal n’est plus à prouver et dont la sagesse a conquis les cœurs, Kélo peut légitimement espérer des jours meilleurs. Fort de la confiance placée en lui par les plus hautes autorités, il mettra désormais tout son savoir-faire au service du peuple kélois.

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Par Kenzo Brown 

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