États-Unis : À la tribune de l’ONU, le président iranien défie Washington : « Nous n’avons pas mis le genou à terre »
Massoud Pezeshkian a prononcé ce mercredi devant l’Assemblée générale des Nations Unies un discours offensif, répondant directement aux menaces américaines et réaffirmant le droit de Téhéran à l’énergie nucléaire.
Devant les représentants des nations réunis à New York, le président iranien Massoud Pezeshkian a livré un message de résistance. « L’Amérique et Israël nous ont attaqués avec les technologies et les systèmes d’armes les plus perfectionnés. Et notre peuple a résisté. Nous n’avons pas mis le genou à terre, nous avons riposté », a-t-il déclaré, provoquant le départ immédiat de la délégation américaine de la salle.
Un pays « victime du terrorisme »
Poursuivant son allocution, le dirigeant iranien a dressé un parallèle entre les frappes subies par son pays et les accusations dont il fait l’objet. Il a qualifié l’Iran de « victime du terrorisme », citant l’assassinat de l’ayatollah Ali Khamenei, qu’il juge « hors de toute justification et cadre légal », ainsi que la frappe ayant touché une école au premier jour de l’offensive, fin février, faisant plus de 150 morts. Une enquête de l’ONU a estimé qu’il existait des éléments « raisonnables » pour attribuer ce tir aux États-Unis.
« L’Iran n’a jamais été un agresseur et n’a jamais démarré de guerre », a insisté Pezeshkian, dénonçant une politique de « deux poids, deux mesures » où « Israël tue, Téhéran est sanctionné ».
Le nucléaire, un droit pour tous
Sur le dossier nucléaire, le président iranien a réaffirmé que son pays ne cherchait pas à se doter de l’arme atomique. « Nous voulons l’énergie nucléaire pour le développement, pas pour construire des bombes », a-t-il assuré, avant de lancer un avertissement : « L’Iran n’acceptera pas que l’énergie nucléaire soit uniquement à la disposition de quelques puissants ».
Il a par ailleurs accusé Washington et Tel-Aviv de vouloir semer l’insécurité dans le détroit d’Ormuz, affirmant que Téhéran ne tolérerait pas que ce passage stratégique serve de base à une « agression » contre son territoire.
Massoud Pezeshkian est le plus haut responsable iranien à fouler le sol américain depuis le début de la guerre. Sa délégation a été soumise à des restrictions de déplacement par le département d’État.
La veille, depuis la même tribune, Donald Trump avait menacé d’« anéantir » l’Iran si un accord n’était pas rapidement conclu, tout en se disant ouvert à une négociation après les élections législatives de novembre.
« Il doit savoir que la résistance du peuple iranien ne fera qu’augmenter face aux sanctions, pressions et intimidations », a rétorqué Pezeshkian, clôturant son discours sur une note de défi.
Par Ousmane Diallo

