États-Unis : Trump exhorte à nouveau les Iraniens à « prendre le contrôle » de leur gouvernement
Le président américain Donald Trump a relancé samedi son appel aux Iraniens, les invitant à s’emparer du pouvoir une fois les opérations militaires américaines achevées. La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux alterne images de frappes américaines, scènes de manifestations en Iran et rassemblements de la diaspora iranienne.
« Le moment de votre liberté est venu », déclare Trump dans cette allocution, avant d’ajouter : « Lorsque nous aurons terminé, prenez le contrôle de votre gouvernement. Ce gouvernement sera le vôtre. » Ces phrases reprennent mot pour mot celles prononcées le 28 février, jour du lancement de l’opération « Epic Fury » contre Téhéran. À l’époque, le président avait aussi conseillé aux Iraniens de rester chez eux, évoquant « peut-être la seule chance depuis des générations ».
Cette diffusion survient au lendemain du rejet par Trump d’une offre iranienne transmise par le Qatar. Selon lui, Téhéran voudrait « rouvrir immédiatement le détroit d’Ormuz » parce que le blocus maritime américain l’asphyxie financièrement. « Ils se sont tirés une balle dans le pied », a-t-il lancé aux journalistes.
Des analystes cités par Iran International notent que cet appel répété ne provoque guère de réactions dans le pays. Eric Mandel, du Middle East Political Information Network, pointe l’absence de mesures concrètes : « Je ne vois aucune politique nouvelle. » Selon lui, un vrai changement de régime exigerait d’unifier l’opposition, de financer les grèves, de durcir les sanctions et de fournir un soutien matériel. « Un peuple sans armes et sans coordination ne peut pas prendre le pouvoir. »
Téhéran reste ferme
La République islamique n’a pas réagi directement à cette vidéo. L’état-major iranien avait déjà qualifié ces menaces de « signe de désespoir stratégique ». Devant l’ONU en septembre, le président Massoud Pezeshkian avait affirmé que l’Iran « ne se rendrait pas dans une guerre » tout en se disant prêt à dialoguer « sans menaces ». En parallèle, Téhéran a organisé en septembre la plus grande manifestation pro-gouvernementale depuis le début du conflit, avec plus de 300 000 participants et, selon les autorités, plus de 600 000 inscrits à des programmes d’entraînement militaire.
Déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes, la guerre a eu des effets « dévastateurs » selon une commission d’enquête de l’ONU. La répression des manifestations de décembre 2025 aurait fait plus de 3 000 morts d’après les chiffres officiels iraniens — un bilan que l’ONU juge sous-estimé — dont au moins 221 enfants. Entre mars et août 2026, au moins 29 personnes liées aux protestations ont été exécutées.
Les propos de Trump demeurent contradictoires : il assure que le conflit s’achèvera « immédiatement » après les élections de mi-mandat de novembre, alors que ses conseillers préparent discrètement une guerre prolongée jusqu’en 2029. Le Pentagone a clos l’opération « Epic Fury » le 5 mai, mais les frappes continuent sous d’autres noms. Aux États-Unis, le soutien à la guerre est tombé à 31 % et le baril dépasse les 100 dollars.
Par Frédéric Konaté

