RDC: Nord-Kivu : la sécheresse fait grimper les prix des denrées alimentaires dans le sud de Lubero

 

À Kirumba et Mighobwe, dans la chefferie des Batangi, le coût de la vie explose. La faute à une sécheresse persistante qui assèche les récoltes et vide les marchés. Les familles, déjà éprouvées par la guerre, se retrouvent dos au mur.

Depuis le mois de mai 2026, le ciel refuse de s’ouvrir sur le sud du territoire de Lubero. Une situation qui pèse lourdement sur les marchés de Kirumba et de Mighobwe, où les prix des denrées de première nécessité s’envolent.

La farine de manioc, pilier de l’alimentation locale, atteint des sommets. Une mesure se négocie aujourd’hui entre 95 000 et 100 000 francs congolais au dépôt. Le sac de farine, autrefois vendu entre 50 000 et 60 000 francs congolais, a lui aussi subi une hausse brutale.

Les haricots suivent la même courbe. Leur prix est passé d’environ 2 500 à 3 500, voire 4 000 francs congolais la mesure, selon les informations recueillies sur place.

Une terre assoiffée, des récoltes compromises

Les habitants ne cachent pas leur inquiétude. Ils pointent du doigt une saison sèche qui n’en finit pas. Les pluies se font rares depuis plus de quatre mois, et les champs en souffrent.

« La terre est sèche. Ce que nous plantons ne pousse plus correctement. Et ce qui pousse se fait rare sur le marché », confie un agriculteur de Mighobwe.

Résultat : les produits agricoles se raréfient, et les prix s’emballent.

Des ménages au bord du gouffre

Cette flambée des prix frappe une population déjà fragilisée par des années de conflit. La région accueille de nombreuses familles de déplacés de guerre, venues chercher refuge loin des violences. D’autres survivent grâce aux maigres revenus des fonctionnaires ou du petit commerce.

Pour ces ménages, chaque hausse signifie un arbitrage douloureux : se nourrir, soigner les enfants, ou payer l’école. Beaucoup n’ont plus de marge de manœuvre.

Un cri d’alarme

Face à cette situation, les habitants de Kirumba et de Mighobwe appellent les autorités et les organisations humanitaires à agir sans tarder. Ils réclament des mesures concrètes pour stabiliser les prix et soutenir les plus vulnérables.

Sans une intervention rapide, redoutent-ils, la crise pourrait s’aggraver dans les semaines à venir, alors que la saison sèche n’a pas encore livré son dernier souffle.

Par Jérôme Wailifu 

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