Monde : Netanyahou : la mer est devenue un « champ de bataille international », Israël veut devenir un « leader mondial » de la guerre navale
Le Premier ministre israélien a annoncé, lors d’une visite à la base navale d’Ashdod, une expansion majeure des capacités navales du pays, notamment des sous-marins et des navires de guerre. Il a cité le détroit d’Ormuz et Bab el-Mandeb, où Israël entend renforcer sa présence face aux menaces visant ses ports et son trafic maritime.
C’est une déclaration qui marque un tournant. Dimanche 4 octobre, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, accompagné du ministre de la Défense Israël Katz, s’est rendu à la base navale d’Ashdod. À l’issue de sa visite, il a annoncé vouloir faire d’Israël « l’un des leaders mondiaux » de la guerre navale.
« La mer est devenue un champ de bataille international »
Dans une vidéo diffusée par le bureau du Premier ministre, Netanyahou a déclaré que l’espace maritime était « devenu essentiellement un champ de bataille international ». Il a notamment cité le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, où l’Iran et les Houthis représentent, selon lui, une menace croissante pour la sécurité maritime.
« Nos ennemis veulent menacer notre espace maritime en Méditerranée, nos ports et notre trafic maritime. Bien sûr, nous ne permettrons pas que cela se produise », a-t-il affirmé.
Netanyahou a révélé que les services de sécurité avaient clairement exprimé le besoin d’équipements supplémentaires. « Le sixième sous-marin est arrivé en Israël ; ils en veulent davantage plus de navires et d’autres capacités que je ne détaillerai pas ici », a-t-il déclaré.
Il a fixé un objectif stratégique sans ambiguïté : « En surface et sous l’eau, j’entends faire d’Israël l’un des leaders mondiaux dans ce type de combat. Nous protégerons également l’État d’Israël depuis la mer. »
Selon les médias israéliens, le sous-marin récemment arrivé est le INS Drakon, de classe Dolphin 2, long d’environ 74 mètres et d’un déplacement de 2 600 tonnes. Il s’agit du premier sous-marin de ce type livré par l’Allemagne à Israël en plus d’une décennie. Équipé d’un système de propulsion anaérobie, il peut rester immergé pendant de longues périodes. Trois autres sous-marins de classe Dakar doivent rejoindre la flotte israélienne, le premier étant attendu pour 2031.
Un avertissement à la Turquie
La déclaration de Netanyahou est également lue comme un avertissement au président turc Recep Tayyip Erdogan. Selon les analystes israéliens, la Turquie cherche à utiliser ses sous-marins pour étendre son influence en Méditerranée orientale.
Ankara promeut la doctrine « Mavi Vatan » (Patrie bleue), qui revendique des droits maritimes étendus en mer Noire, en mer Égée et en Méditerranée orientale. La marine turque dispose actuellement de 14 sous-marins, avec un objectif de 18, et 12 autres en service ou en construction. En comparaison, la marine israélienne ne compte que 6 sous-marins, 15 vedettes lance-missiles et 37 patrouilleurs de sécurité.
La marine israélienne a longtemps été considérée comme une branche relativement secondaire de l’armée, derrière les forces terrestres et l’armée de l’air. Faire d’Israël une puissance navale de premier plan représenterait une révolution dans la pensée militaire israélienne.
Selon les médias israéliens, l’État hébreu prépare un plan décennal d’environ 20 milliards de dollars pour renforcer sa marine, incluant la construction de nouvelles vedettes lance-missiles de classe Reshef et le développement de navires de classe Nirit. Les services de sécurité israéliens demandent également que la flotte sous-marine passe de 6 à 8 unités au cours des prochaines années, face à la croissance rapide des forces navales régionales.
Cette visite intervient alors que le cabinet de sécurité israélien s’apprête à se réunir pour discuter de la menace houthie et des derniers développements dans le détroit de Bab el-Mandeb. « Ils envoient des signaux, ils veulent nous entraîner dans ce champ de bataille, et Israël doit être préparé à chaque scénario possible », a déclaré un responsable israélien.
Par Cherif Keita

