Guinée : le gouvernement accorde un sursis de 6 mois aux producteurs de sachets plastiques pour éviter la pénurie d’eau

À peine entrée en vigueur, l’interdiction des emballages plastiques pour l’eau minérale est temporairement levée. Objectif : éviter la soif et la flambée des prix.

Le gouvernement guinéen a annoncé, ce 7 octobre 2026, une décision qui tranche avec l’application stricte de sa politique environnementale. Selon un communiqué officiel, l’interdiction de production des sachets plastiques destinés à l’eau minérale est temporairement levée, pour une durée de 6 mois.

En clair : les producteurs de ces emballages controversés peuvent reprendre du service. Le temps, espère l’exécutif, de trouver une alternative et d’éviter le pire.

Tout commence le 20 septembre 2026. Ce jour-là, la Guinée applique pleinement sa loi interdisant les plastiques à usage unique : sachets, pailles, gobelets, couverts et autres emballages jetables sont bannis de la production, de l’importation et de la vente.

Sur le papier, l’initiative vise à lutter contre la pollution plastique. Dans les faits, elle a provoqué une crise immédiate. Car parmi les produits interdits figure un incontournable du quotidien guinéen : le sachet d’eau de 40 centilitres.

Vendu à quelques centaines de francs guinéens, ce petit sachet est l’eau potable la plus accessible pour une grande partie de la population. Sa disparition a mécaniquement reporté la demande vers les bouteilles en plastique. Résultat : des ruptures de stock en série et des prix qui s’envolent.

À Conakry, des habitants ont raconté avoir fait plusieurs boutiques sans trouver une seule bouteille d’eau. « Sans eau, je ne mange pas », a confié un employé à un média local. À Coyah, la situation n’était pas meilleure : « Les gens ont soif », résumait un habitant

Face à la grogne et à une menace de pénurie d’eau potable, l’exécutif a choisi la prudence. Le communiqué officiel justifie cette exemption temporaire par la nécessité d’éviter « une interruption de l’approvisionnement en eau potable et une flambée des prix des produits de première nécessité ».

Précision importante : cette dérogation ne concerne que les sachets destinés à l’eau minérale. Les autres interdictions liées aux plastiques à usage unique restent, elles, pleinement en vigueur.

En parallèle, le gouvernement a instauré un plafonnement des prix sur l’eau en bouteille. Le pack de 6 bouteilles de 1,5 litre ne devra pas dépasser 25 000 francs guinéens, soit environ 2,5 euros.

Ce sursis ne réglera pas le problème de fond. Le gouvernement entend profiter de cette période pour encourager la transition vers des emballages biodégradables et des préformes en PET, tout en structurant une filière de recyclage des déchets plastiques.

Mais le temps presse, et les deux années de transition prévues depuis la signature du décret, en septembre 2024, n’ont visiblement pas suffi. Le président de l’association des producteurs d’eau minérale l’a lui-même reconnu : « Les producteurs ne se sont pas adaptés et n’ont rien fait pour éviter cette crise. »

Dans six mois, si les alternatives ne sont toujours pas prêtes, la question restera la même : que boiront les Guinéens ?

Par Cherif Keita 

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