Soudan : un chef de unité des FSR annonce sa défection avec 300 combattants
Le lieutenant-colonel Mohamed Azraq Al-Fanjari, commandant des opérations spéciales des Forces de soutien rapide, a annoncé sa rupture avec le camp de Hemedti. Il affirme avoir quitté la milice avec 300 officiers et soldats, ainsi que 30 véhicules de combat.
Les Forces de soutien rapide (FSR) perdent l’un de leurs commandants. Le lieutenant-colonel Mohamed Azraq Al-Fanjari, à la tête de l’unité des opérations spéciales de la milice, a annoncé sa défection et sa rupture avec le camp du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti.
C’est par une déclaration vidéo relayée par les médias soudanais que l’officier a rendu publique sa décision. Il affirme avoir quitté les rangs des FSR avec environ 300 officiers et soldats, accompagnés de 30 véhicules de combat. L’ampleur exacte de cette défection reste toutefois difficile à vérifier de façon indépendante, soulignent plusieurs sources.
« Une guerre sans cause ni avenir »
Dans son allocution, le lieutenant-colonel Al-Fanjari explique avoir pris sa décision « après un examen honnête de nous-mêmes et une profonde réflexion sur ce que notre pays est devenu à cause de cette guerre futile ». Il dit désormais se ranger du côté de « la sainteté du sang soudanais et du choix de la paix ».
L’officier a également pris ses distances avec les violations commises contre les civils et leurs biens. Il a présenté ses excuses aux familles soudanaises éprouvées par la mort, le déplacement ou d’autres préjudices depuis le début du conflit en avril 2023. Qualifiant cette guerre de « sans cause ni avenir », il a appelé ses anciens camarades à rejoindre les Forces armées soudanaises et à éviter un bain de sang supplémentaire.
Cette annonce s’inscrit dans un mouvement de défections qui s’accentue au sein des FSR. Le 3 octobre, une unité de l’Alliance des forces de libération du Soudan, faction d’Al-Tahir Hajar alliée aux FSR, avait déjà annoncé son ralliement à l’armée avec 106 combattants, dont 18 officiers. Une autre formation dirigée par Al-Tayeb Mohamed Ahmed, dit « Al-Tayeb Al-Waheedo », avait également fait défection, invoquant les « tragédies » observées dans les rangs paramilitaires.
Ces départs surviennent alors que les opérations se poursuivent sur plusieurs fronts, notamment au Darfour, au Kordofan et dans le Nil Bleu, où l’armée revendique des avancées ces dernières semaines. Les FSR n’ont pas réagi dans l’immédiat à l’annonce d’Al-Fanjari.
Par Frédéric Konaté

