RDC: Fizi : la société civile dénonce le transport forcé d’armes imposé aux civils et des cas présumés de racket

 

Le vice-président de la société civile de Fizi, Samy Bin Amimu Corticole, appelle les autorités civiles et militaires à sanctionner les responsables

La société civile de Fizi monte au créneau. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 14 octobre 2026, elle condamne fermement ce qu’elle qualifie de pratiques inhumaines et contraires aux droits humains : l’obligation faite à des civils, notamment des jeunes, de transporter des armes et des équipements militaires vers les Moyens et Hauts Plateaux.

Pour Samy Bin Amimu Corticole, vice-président de la société civile de Fizi, cette pratique est inacceptable. Il estime que les populations civiles ne devraient en aucun cas être exposées à de telles obligations dans un contexte sécuritaire déjà précaire. Il rappelle avec insistance que la protection des civils et le respect de leurs droits fondamentaux doivent rester une priorité absolue pour toutes les parties impliquées dans le conflit.

Au-delà du transport forcé d’armes, M. Corticole dénonce également des cas présumés de racket. Selon lui, certains militaires exigeraient de l’argent aux jeunes chargés de ces transports en échange de leur libération. Des faits graves qui, s’ils sont avérés, constitueraient des abus caractérisés et une violation flagrante des droits humains.

Face à cette situation, le vice-président de la société civile de Fizi appelle les autorités civiles et militaires, ainsi que les responsables des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP-Wazalendo), à se saisir immédiatement du dossier. Il les invite à vérifier les allégations et à sanctionner les responsables conformément à la loi.

Préserver la confiance entre la population et les forces armées

M. Corticole exhorte enfin les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les VDP-Wazalendo et les militaires burundais présents dans la zone à mettre fin à ces pratiques. Il souligne que celles-ci fragilisent dangereusement la confiance entre la population et les forces armées, perturbent la scolarité des enfants de Mboko et aggravent la vulnérabilité des habitants déjà éprouvés par des années de conflit.

La région de Fizi, située dans la province du Sud-Kivu, reste confrontée à une instabilité chronique marquée par la présence de multiples groupes armés et par des affrontements récurrents. Dans ce contexte, les populations civiles paient un lourd tribut, entre déplacements forcés, violences et violations de leurs droits les plus élémentaires.

La déclaration de la société civile de Fizi intervient alors que les appels à la protection des civils se multiplient dans l’est de la République démocratique du Congo, où la question du respect du droit international humanitaire reste plus que jamais posée.

Par Jérôme Wailifu 

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