Guinée : Condamnation de Bangoura : la défense dénonce un verdict « catastrophique » et fait appel
L’ancien président de la Cour constitutionnelle guinéenne a été condamné à sept ans d’emprisonnement et à de lourdes amendes par la chambre de jugement de la CRIEF. Une décision que sa défense juge injustifiée et annonce déjà contester en appel.
La chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu son verdict dans le dossier opposant l’État guinéen à Dr Mohamed Lamine Bangoura. L’ancien président de la Cour constitutionnelle écope de sept ans de prison et d’une amende de 2 milliards de francs guinéens. La Cour a également ordonné, à l’encontre du condamné et de ses co-prévenus, le paiement de 41 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts au profit de l’État.
« Une décision arbitraire »
Ce verdict a immédiatement fait réagir la défense. Ce lundi 26 octobre 2026, Me Facinet Soumah, l’un des avocats de Dr Bangoura, a exprimé son profond désaccord devant la presse. Il estime que la condamnation ne repose pas sur les éléments débattus au cours du procès et dénonce une décision « arbitraire » et « attentatoire à la dignité » de son client.
L’avocat conteste en particulier la confiscation des biens de l’ancien haut responsable. « M. Mohamed Lamine Bangoura a travaillé pendant plus de 40 ans avant d’intégrer la Cour constitutionnelle. Nous avons démontré, preuves à l’appui, qu’il avait déjà réalisé des acquisitions matérielles et qu’il était propriétaire immobilier bien avant d’occuper cette fonction », a-t-il plaidé, soulignant que son client percevait également un traitement au sein de l’institution.
Le parcours d’un « professeur émérite » mis en avant
Me Soumah a rappelé le parcours de son client, professeur émérite de droit à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia. « C’est un grand homme, une personnalité de ce pays qui a dirigé la Cour constitutionnelle de la République de Guinée », a-t-il insisté, assurant que le moral du condamné restait « au beau fixe ».
Appel immédiatement interjeté
La défense a annoncé avoir relevé appel dès les minutes suivant le prononcé du verdict. « Nous continuerons à nous battre pour que sa dignité, sa crédibilité et sa personnalité lui soient pleinement restituées », a promis Me Soumah, qui souhaite prendre connaissance de la décision intégralement rédigée avant d’en analyser les motivations.
L’affaire devrait donc connaître de nouveaux développements devant la chambre des appels de la CRIEF.
Par Cherif Keita

