Burkina Faso :Diffamation envers la police municipale : 24 mois ferme requis contre Me Doli

L’avocate Ini Esther Doli comparaissait ce mercredi 4 novembre devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou. Le parquet a requis contre elle vingt-quatre mois de prison et deux millions de FCFA d’amende, le tout ferme, pour diffamation présumée envers la police municipale dans le dossier du déguerpissement du maquis Allah Ti Kouma. Le jugement sera rendu le 25 novembre.

Le tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I a examiné, ce mercredi 4 novembre, l’affaire opposant l’avocate Ini Esther Doli à la municipalité de Ouagadougou. Au terme des débats, le parquet a requis une peine de vingt-quatre mois d’emprisonnement assortie d’une amende de deux millions de FCFA, le tout ferme, contre la prévenue poursuivie pour diffamation présumée.

Des posts Facebook au cœur du litige

Les poursuites trouvent leur origine dans deux publications mises en ligne par l’avocate sur sa page Facebook, le 15 août 2026. La mairie a réagi en déposant plainte après avoir pris connaissance d’un message dans lequel Me Doli affirmait notamment : « Si on creuse, on trouvera certainement des clients d’hier ou d’aujourd’hui parmi les prétendus activistes anti-prostitution. »

Pour la municipalité, ces propos renvoient directement à l’opération de déguerpissement du maquis Allah Ti Kouma, présenté comme un lieu de prostitution, conduite le 14 août 2026 en application d’une décision de justice. Elle estime que ces déclarations ont porté atteinte à l’honneur et à la réputation de la police municipale.

Une défense qui plaide l’acquittement

Interrogée à la barre, la prévenue a assuré ne pas avoir ciblé le service municipal. Elle a soutenu que ses propos s’inscrivaient dans une analyse plus vaste des différents acteurs évoluant dans le milieu de la prostitution.

Ses conseils ont plaidé l’acquittement en soulignant l’absence de preuve d’une intention de nuire et de tout lien entre les déclarations de l’avocate et la police municipale. Ils ont en outre jugé les réquisitions du parquet disproportionnées, rappelant que leur cliente avait retiré les publications litigieuses et présenté ses excuses par écrit au service concerné.

Un franc symbolique pour la partie civile

La partie civile a sollicité le maintien en détention de la prévenue et demandé un franc symbolique en réparation du préjudice. Le tribunal tranchera le 25 novembre 2026.

Par Francis Kaboré 

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