Cameroun: CAF : Samuel Eto’o de nouveau sanctionné à la veille de son second mandat à la FECAFOOT

 

La Confédération africaine de football (CAF) a infligé, le 14 janvier 2026, une nouvelle sanction disciplinaire au président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), Samuel Eto’o Fils, ravivant les tensions institutionnelles entre l’instance continentale et le football camerounais.

À la suite d’une procédure ouverte après les quarts de finale de la CAN Maroc 2025, l’ancien capitaine des Lions Indomptables écope d’une suspension de quatre matchs assortie d’une amende de 20 000 dollars américains.
Une enquête ouverte après les quarts de finale de la CAN 2025

L’affaire trouve son origine dans un communiqué publié par la CAF à l’issue des quarts de finale de la compétition. L’instance continentale y dénonçait des comportements jugés « inacceptables » de la part de certains officiels et acteurs accrédités, notamment lors des rencontres Cameroun–Maroc et Algérie–Nigeria.

Selon la CAF, des rapports de match détaillés ainsi que des éléments vidéo faisaient état de contestations répétées de l’arbitrage et de comportements contraires aux règles disciplinaires et à l’éthique sportive. L’ensemble du dossier a alors été transmis au Jury disciplinaire pour instruction.

Une sanction immédiate contre le président de la FECAFOOT

À l’issue de cette procédure, le Jury disciplinaire de la CAF a rendu la décision n°DC23312, visant directement Samuel Eto’o dans le cadre du quart de finale Cameroun–Maroc disputé le 9 janvier 2026. La sanction prévoit :
une suspension de quatre matchs ;
une amende de 20 000 dollars.
Les faits reprochés seraient liés à des contestations exprimées depuis les tribunes officielles à l’encontre du corps arbitral. La décision est entrée en vigueur immédiatement, conformément aux règlements disciplinaires de la CAF. Toutefois, aucune motivation détaillée n’a été rendue publique, un point vivement critiqué par la partie camerounaise.

La FECAFOOT dénonce une procédure contestable.

Dans un communiqué publié le jour même, la FECAFOOT a réagi fermement, estimant que la sanction infligée à son président est « dépourvue de toute motivation explicite ». L’instance fédérale évoque également de « sérieuses réserves » quant au respect des principes du procès équitable.

Sans remettre en cause l’autorité disciplinaire de la CAF, la fédération camerounaise annonce que Samuel Eto’o exercera les voies de recours prévues par les textes, ouvrant ainsi une nouvelle phase contentieuse. Le communiqué, signé par le secrétaire général Mandong Isaac Noé, réaffirme le soutien institutionnel de la FECAFOOT à son président et son attachement à une justice disciplinaire « crédible et transparente ».

Vives réactions et débat polarisé

L’annonce de la sanction a immédiatement suscité de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux. Au Cameroun, une large frange de supporters, de journalistes sportifs et d’acteurs du football exprime indignation et incompréhension, dénonçant une décision jugée sévère et expéditive.
À l’inverse, certaines voix, principalement hors du Cameroun, estiment que les comportements reprochés à Samuel Eto’o ne correspondent pas aux standards attendus d’un président de fédération lors d’une compétition continentale majeure. Le débat reste fortement polarisé, dans l’attente de l’issue du recours annoncé.

Un passif disciplinaire déjà chargé

Cette nouvelle sanction s’inscrit dans une série de procédures disciplinaires ayant visé Samuel Eto’o ces dernières années.

En juillet 2024, la CAF lui avait infligé une amende de 200 000 dollars pour violation présumée des règles d’éthique liées à un contrat d’ambassadeur avec une société de paris sportifs. Cette sanction avait finalement été annulée en appel en février 2025 pour incompétence de l’organe disciplinaire saisi.

Par ailleurs, la FIFA avait prononcé, le 30 septembre 2024, une suspension de six mois interdisant à Samuel Eto’o d’assister aux matchs des sélections camerounaises, à la suite d’incidents survenus lors de la Coupe du monde U20 féminine en Colombie. Cette mesure, levée fin mars 2025, ne concernait toutefois pas ses fonctions administratives.

Un contexte sensible pour le football camerounais

Cette nouvelle affaire intervient à un moment clé, alors que Samuel Eto’o s’apprête à entamer son deuxième mandat à la tête de la FECAFOOT. Elle relance les débats sur la gouvernance du football camerounais, les relations avec les instances internationales et la place du Cameroun au sein des équilibres décisionnels du football africain.

En attendant l’issue de la procédure de recours, cette sanction ouvre un nouveau chapitre d’un bras de fer institutionnel qui continue de marquer l’actualité sportive camerounaise.

Par Georges Domo 

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