Cameroun : Les aveux d’Atanga Nji relancent les soupçons de manipulation du processus électoral
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Une polémique de plus éclate autour de la gouvernance électorale au Cameroun. Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale, a reconnu avoir transmis à ELECAM un rapport destiné à empêcher l’investiture du professeur Maurice Kamto par le parti d’Anicet Ekane. Une déclaration qui met à mal le principe d’indépendance de l’organe électoral et alimente de nouvelles interrogations sur d’éventuelles pratiques opaques au sein de l’administration.
Un aveu qui interpelle
Le ministre affirme avoir « fait un rapport envoyé à ELECAM » pour motiver le rejet d’une candidature. En assumant publiquement une intervention directe dans une décision relevant exclusivement d’ELECAM, Paul Atanga Nji laisse entendre que le ministère exerce une influence sur un organe censé fonctionner de manière autonome.
La mention d’« archives » consultées pour étayer ce rapport soulève davantage de questions qu’elle n’en résout. Quels documents ont été utilisés ? Proviennent-ils réellement des bases administratives du MINAT ou d’autres sources non officielles ?
Les révélations de Dieudonné Yebga ravivent les doutes
Cette affaire prend une autre dimension depuis la diffusion d’un audio dans lequel Dieudonné Yebga, un ancien collaborateur proche du ministère, affirme avoir « nettoyé le site du MINAT » et modifié en une nuit des informations administratives dans le but de disqualifier Maurice Kamto lors d’un précédent scrutin.
La concordance troublante entre les propos du ministre et ceux de Yebga remet au goût du jour les accusations de manipulations internes et d’ingérences dans la gestion des dossiers électoraux.
ELECAM mis face à ses contradictions
Depuis plusieurs années, l’opposition et les organisations de la société civile dénoncent la dépendance de fait d’ELECAM vis-à-vis du pouvoir exécutif. Les récentes déclarations d’Atanga Nji semblent confirmer les craintes d’une influence directe du ministère de l’Administration territoriale sur les décisions électorales.
Ces éléments fragilisent davantage la crédibilité d’ELECAM, déjà sous pression à l’approche de nouvelles échéances électorales majeures.
Des clarifications attendues d’urgence
Face à la gravité des accusations, de nombreuses voix exigent :
- Une clarification sur la nature des « archives » citées par le ministre ;
- Une enquête indépendante sur les accusations de modifications illégales des données administratives ;
- Une prise de position officielle d’ELECAM pour expliquer le rôle réel joué par le MINAT dans cette affaire.
Pour l’heure, aucune réponse n’a été fournie par l’organe électoral, maintenant un flou qui alimente toutes les spéculations.
Une crise de confiance qui s’aggrave
Dans un contexte politique déjà tendu, ces révélations renforcent la méfiance des citoyens envers le système électoral. Tant que la transparence ne sera pas pleinement assurée, la suspicion d’ingérence continuera de planer sur les institutions en charge de la démocratie au Cameroun.
Par Georges Domo

