Cameroun : Une femme à la tête de la Justice Militaire, le Colonel Meffand Loaw entre dans l’histoire
Par un décret présidentiel signé le 31 mars, le Chef de l’État, Paul Biya, Chef suprême des Forces armées, a choisi de briser un nouveau plafond de verre en nommant le Colonel Marguerite Meffand Loaw à la tête de la Direction de la Justice Militaire. Une première dans l’histoire militaire du Cameroun.
Ce choix audacieux s’inscrit dans une dynamique voulue par les plus hautes autorités : celle de placer les compétences féminines et les jeunes talents au cœur des postes stratégiques de l’administration militaire. L’objectif affiché est clair : bâtir une armée plus moderne, plus performante et résolument inclusive.
Un parcours d’exception
Le Colonel Meffand Loaw n’en est pas à son premier coup d’éclat. Issue de la prestigieuse promotion « Paix et Stabilité » (1998-2000) de l’École Militaire Interarmées (EMIA), elle allie rigueur martiale et solide culture juridique. Titulaire d’un Master en droit privé et formée à l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), elle a gravi un à un les échelons de la hiérarchie judiciaire militaire.
Avant cette nomination, elle a successivement occupé les fonctions de Substitut du Commissaire du Gouvernement, de Juge d’instruction, de Présidente du Tribunal militaire de Bafoussam, puis de Directrice adjointe de la Justice Militaire. Son passage à la tête des parquets militaires de plusieurs régions du pays lui a conféré une connaissance intime des défis juridiques propres aux forces de défense.
Une experte reconnue sur la scène internationale
Au-delà des frontières nationales, le Colonel Meffand Loaw a fait valoir son expertise au sein de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Pendant deux ans et demi, elle y a dirigé, en tant que Team Leader, la Cellule d’appui aux poursuites contre les crimes graves et les violations des droits humains, une expérience qui a forgé sa vision du droit militaire dans les contextes de crise.
Elle est également co-fondatrice et co-présidente du Forum africain de droit militaire (AMLF), une plateforme où elle milite activement pour une meilleure régulation juridique dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière.
Une vision pour l’avenir
Récemment promue au grade de colonel de 3ᵉ échelon, elle incarne cette nouvelle génération de leaders militaires alliant discipline, loyauté et dévouement à la Nation. Avec cette nomination, c’est tout un symbole qui est envoyé : celui d’un Cameroun où le mérite et l’excellence, notamment féminine, deviennent les maîtres-mots de la gouvernance des institutions régaliennes.
Par cette décision, Paul Biya signe un acte fort, confiant à une femme officier supérieur la lourde responsabilité de veiller à l’application de la loi au sein même des casernes.
Par Georges Domo

