Corée du Sud : le président Yoon Suk Yeol destitué après une tentative de coup de force autoritaire

 

Dans une décision historique, la Cour constitutionnelle sud-coréenne a prononcé ce vendredi la destitution du président Yoon Suk Yeol, mettant un terme à quatre mois de crise politique déclenchée par sa tentative controversée d’instaurer la loi martiale en décembre 2024. Les neuf juges ont statué à l’unanimité que le chef de l’État avait violé la Constitution en mobilisant l’armée et la police pour étouffer les institutions démocratiques.

Une destitution immédiate, une élection dans 60 jours

Avec la révocation de Yoon Suk Yeol, la Corée du Sud doit organiser une élection présidentielle anticipée dans un délai de 60 jours. Le favori des sondages, Lee Jae-myung, chef de file de l’opposition démocrate, a salué un verdict « salvateur pour la démocratie ».

Dans son arrêt, la Cour a estimé que le président avait gravement menacé l’État de droit en cherchant à imposer un régime d’exception pour neutraliser le Parlement, où il ne disposait d’aucune majorité depuis son élection en 2022. « Ses actes trahissent la confiance du peuple et violent les principes démocratiques », a déclaré le président de la Cour, Moon Hyung-bae.

L’armée sommée d’effacer les traces de l’ancien président

 

En réaction, le ministère de la Défense a ordonné le retrait immédiat de tous les portraits de Yoon Suk Yeol dans les casernes et bâtiments officiels, marquant symboliquement sa chute.

Soulagement populaire et colère des partisans de Yoon

Des milliers de Sud-Coréens ont célébré la décision dans les rues de Séoul, scandant « La démocratie a gagné ! ». « Nous avons pleuré de joie en entendant le verdict », a témoigné Kim Min-ji,  une étudiante de 25 ans.

Cependant, la polarisation reste vive. Des manifestants pro-Yoon ont affronté la police, accusant la Cour d’un « coup d’État judiciaire ». Plusieurs arrestations ont eu lieu après des jets de projectiles et des menaces envers les magistrats.

Un coup de force avorté en décembre 2024
L’affaire remonte au 3 décembre 2024, lorsque Yoon Suk Yeol, un ancien procureur en perte de légitimité, avait décrété la loi martiale, prétextant une « menace communiste » pour justifier son blocus militaire autour de l’Assemblée nationale.

Mais les députés, bravant les soldats, avaient voté l’abrogation de cette mesure, précipitant la chute du président. Arrêté en janvier pour insurrection – un crime passible de la peine de mort –, Yoon avait été libéré pour vice de procédure, mais son procès pénal reste en cours.

La démocratie sud-coréenne résiste
Pour les analystes, cette crise démontre la solidité des institutions sud-coréennes. « Le système a tenu. La démocratie a survécu à un coup d’État déguisé», estime Byunghwan Son, politologue à l’Université George Mason.

La communauté internationale, bien que mesurée dans ses déclarations, voit dans ce verdict une victoire de l’État de droit. Les yeux sont désormais tournés vers la prochaine élection, qui déterminera l’avenir politique d’un pays encore sous le choc de cette tentative autoritaire.

Par Frédéric Konaté 

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