Côte d’Ivoire : l’influenceur Apoutchou National encourt 7 ans de prison pour blanchiment de capitaux
Le procès très médiatisé impliquant l’influenceur ivoirien Apoutchou National a connu un tournant décisif ce mardi, avec les lourdes réquisitions du ministère public. Le parquet a requis sept ans de prison ferme ainsi qu’une amende de 240 millions de FCFA à son encontre, dans une affaire liée à des activités financières jugées illégales.
Son coaccusé, Lionel PCS, est également visé par ces poursuites. Les deux hommes sont accusés de blanchiment de capitaux, de paris illicites en ligne et de violations de la réglementation sur les flux financiers, dans un contexte de surveillance accrue des transactions numériques.
Une affaire née d’une vidéo virale
Les faits remontent à novembre 2024, après la diffusion d’une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, montrant Apoutchou National exhibant d’importantes sommes d’argent. Cette séquence avait rapidement suscité des interrogations sur l’origine des fonds, déclenchant une enquête des autorités compétentes.
Au fil des investigations, les soupçons se sont étendus à un réseau d’activités financières suspectes opérant via des plateformes numériques, conduisant à l’ouverture de poursuites judiciaires.
D’autres acteurs impliqués
Dans ce dossier, un homme d’affaires, également poursuivi, fait face à des réquisitions de trois ans de prison assorties d’une amende de 500 millions de FCFA.
Par ailleurs, l’État ivoirien s’est constitué partie civile et réclame 2 milliards de FCFA de dommages et intérêts, tandis que la Loterie nationale de Côte d’Ivoire (LONACI) exige 1 milliard de FCFA pour le préjudice subi.
Un procès aux enjeux majeurs
Les accusés, actuellement en liberté provisoire sous conditions, encourent des sanctions prévues par plusieurs dispositifs juridiques nationaux et communautaires, notamment ceux encadrant la lutte contre le blanchiment d’argent et la cybercriminalité au sein de l’espace UEMOA.
Ce procès s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de la lutte contre les flux financiers illicites, sous la vigilance d’organismes internationaux tels que le Groupe d’action financière (GAFI).
Le verdict est désormais attendu à l’issue des prochaines audiences, dans une affaire qui continue de susciter un vif intérêt au sein de l’opinion publique ivoirienne.
Par Ousmane Diallo

