France : arrivée à la Station biologique de Roscoff en 1940, Lucie Randoin devient boussole architecturale … à la Tour Eiffel
Partager la publication "France : arrivée à la Station biologique de Roscoff en 1940, Lucie Randoin devient boussole architecturale … à la Tour Eiffel"
La maire de Paris a annoncé l’inscription de Lucie Randoin au projet de « Panthéon scientifique » féminin destiné à équilibrer la fresque souhaitée par Gustave Eiffel. Cette proposition avait été soumise aux instances de l’association Femmes & Sciences par les descendants sorbonnards d’un innovateur breton, désireux d’ouvrir les voiles de leur première aventure philatélique en faveur de cette savante icaunaise, pionnière des sciences de la nutrition. Objectif : allier mémoire et terroir vers d’autres chefs d’œuvre ou boussoles architecturales, vitrines d’Expositions universelles.
Lucie Randoin avait compris que les sciences de la nutrition pouvaient offrir un brassage détonnant de traditions terriennes séculaires mais aussi ouvrir les voiles d’un monde maritime en mouvement.
En date du 28 mai 1940, Lucie Randoin avait rejoint la Station biologique de Roscoff. Ses publications furent très largement partagées auprès d’innovateurs dans les sciences de la nutrition et mis en pratique via des relations épistolaires avec Théophile Lognoné (1895-1974), fondateur des industries Probiomer, dont la quatrième génération de descendants a œuvré en faveur de la conception d’un timbre à l’effigie de cette pionnière qui fut la première femme biologiste à l’Académie de médecine. Ce projet fut notamment soutenu par Guillaume Belliot, petit-fils de la secrétaire de Lucie Randoin.
Les travaux de cette scientifique au parcours très atypique ont permis de développer les filières du territoire, en particulier des compléments alimentaires naturels. Lucie Randoin (1885- 1960) fut la première femme biologiste à l’Académie de médecine à imaginer notre futur entre science et nature. Après le décès de Marie Curie en 1934, aucune femme n’est entrée à l’Académie de médecine avant Lucie Randoin. Un siècle plus tard, la place des femmes dans les institutions médicales reste congrue.
Désormais, Lucie Randoin fera partie des 72 noms de femmes scientifiques proposés pour rejoindre la frise des savants de la Tour Eiffel. Comment dès lors faire voyager la mémoire de Lucie Randoin depuis la Tour Eiffel, miroir territorial vers d’autres chefs d’œuvre ou boussoles architecturales, vitrines d’Expositions universelles ?
La contribution de Lucie Randoin dans l’étude des minéraux marins pour les sciences de la nutrition reste pleinement d’actualité aujourd’hui. Après l’Exposition internationale 2008 qui s’était tenue dans la ville espagnole de Saragosse sur le thème de l’eau et du développement durable; le sel : ce petit cristal symbole de vie a nourri l’imagination de l’Exposition internationale Yeosu 2012 en Corée du sud.
L’exposition universelle de Dubaï avait été l’occasion d’exposer l’édition originale de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Les outils des sauniers (exploitants du sel) figuraient déjà au XVIIIème siècle dans les planches de cette entreprise éditoriale inédite.
Un voyage d’étude au Japon à l’occasion de l’Exposition universelle d’Osaka fut une grande opportunité pour réfléchir à la valorisation des vergers du pays d’Othe au sein de la Forêt de la Tranquillité, œuvre centrale proposée aux visiteurs et délégations venus du monde entier pour découvrir l’Exposition universelle de 2025, organisée dix ans après celle de Milan qui s’articulait en 2015 autour du thème : « Nourrir la planète, Energie pour la vie ». Ce grand rendez-vous dans la baie d’Osaka s’était articulé autour de trois thèmes : « Sauver des vies », « Connecter des vies » et « Transformer des vies ».
En date du 28 mai 1940, Lucie Randoin avait rejoint la Station biologique de Roscoff (composante de la Sorbonne), où il existe désormais un quai d’Auxerre, en double hommage au parcours de la célèbre biologiste et à la solidarité des pompiers de l’Yonne pendant la marée noire de l’Amoco-Cadiz. Un bloc de granit avait été extrait de l’île Verte, en face de Roscoff, pour rejoindre l’île d’Awaji, en baie d’Osaka. Ce bloc devait devenir table d’orientation au Japon. En janvier 1995, un tremblement de terre a anéanti la région et enterré à jamais le projet.
A la façon du Quai d’Auxerre dans la cité corsaire de Roscoff, aurons-nous de nouveaux emblèmes, boussoles architecturales ou narrations créatives du Ponant au Soleil Levant à la mémoire de la grande biologiste ?
Par Kevin LOGNONÉ Initiateur d’un timbre-poste Lucie RANDOIN

