Madagascar : 22 morts dans les manifestations, le président Rajoelina limoge son gouvernement

Une vague de colère populaire secoue Madagascar. Depuis jeudi dernier, des milliers de manifestants, menés en grande partie par la jeunesse baptisée « génération Z », réclament la démission du président Andry Rajoelina. Les slogans « Rajoelina, dégage ! » ont résonné dans les rues de la capitale, traduisant une profonde exaspération face à la situation sociale et économique du pays.

Selon l’ONU, au moins 22 personnes ont perdu la vie lors de ces manifestations, tandis qu’une centaine d’autres ont été blessées. Les affrontements ont été marqués par des scènes de pillages, de casses et d’arrestations massives, notamment à Antananarivo, où les forces de l’ordre sont accusées d’une répression particulièrement violente.

Face à cette crise sanglante, le chef de l’État a annoncé lundi le limogeage de tout son gouvernement, y compris du Premier ministre Christian Ntsay. Lors d’une allocution télévisée, Andry Rajoelina a affirmé agir conformément à l’article 54 de la Constitution et a promis la nomination de nouveaux ministres « dans les prochains jours ».

Cette décision vise, selon lui, à rapprocher l’exécutif des attentes du peuple. « Tout doit changer », a martelé le président, qui tente de calmer la contestation alors que la légitimité de son pouvoir est de plus en plus remise en cause.

Madagascar, classé parmi les pays les plus pauvres au monde, reste confronté à une situation dramatique : près de 75 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Cette réalité alimente une colère sociale croissante, menaçant de plonger le pays dans une crise politique encore plus profonde.

Par Frédéric Konaté

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