Madagascar : l’ancien président Andry Rajoelina bientôt rattrapé par la justice ?
Le climat politique demeure tendu à Madagascar. Ce vendredi, dans une interview accordée à France 24, le président par intérim, colonel Michaël Randrianirina, a affirmé qu’il jugeait nécessaire que l’ex-chef de l’État Andry Rajoelina réponde devant la justice malgache des violences survenues avant son départ du pays.
Un ancien président en fuite depuis octobre
Andry Rajoelina a quitté Madagascar début octobre, dans un contexte de manifestations antigouvernementales qui ont conduit les militaires à prendre le pouvoir.
Selon Randrianirina, les violences ayant fait des blessés par balles « relèvent de décisions venues du sommet de l’exécutif ».
Il a déclaré :
« Notre souhait, c’est de le juger à Madagascar. »
Des poursuites visant aussi un proche influent
Le président par intérim a également évoqué le cas de Maminiaina Ravatomanga, homme d’affaires proche de Rajoelina. Réfugié à l’île Maurice, il est visé par des soupçons de blanchiment d’argent.
Madagascar collabore par ailleurs avec une délégation suisse pour le gel de comptes bancaires liés à des transactions illicites.
Ces actions s’inscrivent dans la vaste offensive anticorruption actuellement menée dans le pays, qui concerne aussi des enquêtes sur le détournement de fonds publics.
Un bouleversement institutionnel sans précédent
Sur le plan politique, l’Assemblée nationale malgache avait voté le 14 octobre la destitution de Rajoelina pour absence prolongée.
Cette décision a été validée par la Haute Cour constitutionnelle, avant que l’armée ne confie le pouvoir à Michaël Randrianirina, officiellement investi trois jours plus tard comme président par intérim.
Celui-ci a annoncé un vaste chantier institutionnel :
- révision de la Constitution,
- réforme des lois électorales,
- organisation dans deux ans d’un référendum, suivi d’élections locales et nationales.
Relations tendues avec Paris
Randrianirina a également critiqué l’intervention française dans l’exfiltration de Rajoelina, affirmant que de nombreux Malgaches se disent « indignés » du rôle joué par Paris dans le départ de l’ancien président.
Par Rodrigue Izumo

