Mali: Décès de Boncana Maïga : le monde de la musique africaine perd un maestro

 

Le musicien, compositeur et arrangeur malien Boncana Maïga s’est éteint ce samedi 28 février 2026 à Bamako, à l’âge de 77 ans. Figure emblématique de la fusion afro-cubaine, il laisse derrière lui un héritage musical considérable et des décennies de carrière dédiées à la promotion des musiques africaines.

C’est une triste nouvelle pour le continent. Le « Maestro » Boncana Issa Maïga est décédé tôt ce samedi matin dans une clinique de la capitale malienne, selon les informations rapportées par plusieurs médias et confirmées par son entourage familial à l’AFP . La Radio Télévision Malienne (ORTM) a annoncé son décès sur les réseaux sociaux, survenu à 5 heures du matin .

Né à Gao, au Mali, Boncana Maïga était bien plus qu’un musicien. Il était un véritable « architecte du son moderne d’Afrique de l’Ouest » . Sa carrière hors norme a débuté dans les années 1960, lorsqu’il fait partie des jeunes musiciens maliens sélectionnés pour partir étudier la musique à La Havane, à Cuba, de 1964 à 1973 . Cette expérience sera fondatrice : il y cofonde le groupe « Las Maravillas de Mali » (« Les Merveilles du Mali »), un orchestre qui marie avec brio les rythmes cubains (salsa, cha-cha-cha) aux sonorités mandingues. Leur tube « Rendez-vous Chez Fatimata » deviendra un hymne dans toute l’Afrique de l’Ouest

De retour en Afrique, il s’installe en Côte d’Ivoire où il marque profondément la scène musicale ivoirienne. Pendant quatorze ans, il forme et dirige l’orchestre de la Radiotélévision Ivoirienne (RTI) et enseigne au Conservatoire national . C’est là qu’il développe son talent d’arrangeur et de découvreur de talents, collaborant avec de nombreux artistes comme Aïcha Koné, qu’il a accompagnée à ses débuts, ou encore Alpha Blondy, Nayanka Bell et bien d’autres .

En 1992, il franchit une nouvelle étape en cofondant avec le producteur sénégalais Ibrahim Sylla le groupe panafricain Africando. Ce collectif de salsa, réunissant des voix de l’Ouest africain et des musiciens de la scène latino-new-yorkaise, rencontre un succès international et devient un symbole du pont musical entre l’Afrique et Cuba .

Boncana Maïga a également œuvré pour le cinéma, signant les bandes originales de films célèbres comme Bal Poussière (1988) du réalisateur ivoirien Henri Duparc et Moolaadé (2006) du cinéaste sénégalais Ousmane Sembène . Les générations plus récentes l’ont connu comme le présentateur de l’émission musicale « Stars Parade », diffusée sur TV5 Monde, qui a pendant des années mis en lumière les talents musicaux du continent .

La disparition de Boncana Maïga est une perte immense. Le ministre malien de la Culture, Mamou Daffé, a salué « une perte pour le Mali mais également pour la culture africaine qu’il a contribué à imposer à travers les continents » . Il était officier de l’Ordre national du Mali et chevalier du Mérite ivoirien .

Le Maestro laisse dans le deuil sa famille, dont son épouse, la chanteuse guinéenne Aïcha Kamaldine Conté, et un héritage musical qui continuera d’inspirer des générations d’artistes à travers le monde.

Par Jérôme Wailifu

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