Mali : les partis politiques menacés de disparition sous la transition

 

Une centaine de partis politiques maliens, dont les principales formations du pays, ont tiré la sonnette d’alarme mardi dernier. Regroupés au sein de l’Initiative des partis politiques pour la charte (IPAC), ils ont dénoncé une volonté présumée du régime de transition de suspendre ou dissoudre les partis politiques à travers un processus de consultation controversé.

Lors d’une conférence de presse, l’ancien ministre et porte-parole des partis, Oumar Ibrahima Touré, a affirmé que des voix connues laissent entendre que ces consultations viseraient en réalité à supprimer la vie politique pluraliste au Mali. « Il se murmure que le processus enclenché devrait avoir comme finalité de dissoudre ou à tout le moins de suspendre les activités des partis politiques », a-t-il déclaré.

Les partis politiques s’appuient sur la Constitution de 2023, adoptée par les mêmes autorités de transition, pour rappeler que la liberté d’association et l’existence des partis sont garanties par l’article 39 : « Les partis politiques se forment et exercent librement leurs activités dans les conditions déterminées par la loi. »

Dans un esprit d’apaisement, ils demandent une audience urgente avec le Premier ministre de transition, le général Abdoulaye Maïga, et réclament le report des concertations annoncées. Leur objectif : préserver la stabilité de la transition tout en restant dans le cadre républicain.

Ce climat de tension politique intervient après les recommandations du « Dialogue inter-Maliens » de mai 2024, qui avaient notamment proposé la prolongation de la transition et la promotion des colonels putschistes. Déjà en 2021, les Assises nationales de la refondation avaient suggéré un durcissement des conditions de création des partis et la suppression de leur financement public.

La communauté politique malienne redoute un affaiblissement de la démocratie. La suppression des partis serait une rupture avec les principes républicains, menaçant la représentation populaire et la légitimité du régime en place. La communauté internationale observe également la situation avec préoccupation, appelant au respect des droits fondamentaux.

Par Chérif Keita 

Commentaires Facebook