Monde: Après 52 ans d’attente, les Léopards de la RDC rugissent de nouveau sur la scène mondiale

C’est un cri de joie qui a traversé toute la République démocratique du Congo, de Kinshasa à Lubumbashi, en passant par Goma. Ce [jour du match], les Léopards ont enfin brisé le signe indien qui durait depuis plus d’un demi-siècle. En s’imposant sur le score minimal de 1-0 face à leur adversaire, la sélection nationale a officiellement décroché son ticket pour la Coupe du monde, mettant fin à 52 longues années d’absence sur la scène planétaire.

Pour retrouver la lumière des projecteurs mondiaux, il faut en effet remonter à 1974, en Allemagne de l’Ouest. À l’époque, le Zaïre (ancien nom du pays) avait marqué les esprits en devenant la première nation d’Afrique subsaharienne à participer à un Mondial. Cinq décennies plus tard, les héritiers de cette génération légendaire ont enfin exorcisé le passé.

Dans un stade des Martyrs en ébullition, le scénario a tenu les supporters en haleine jusqu’au bout. Alors que l’on se dirigeait vers un score de parité angoissant, le sort du match a basculé dans les ultimes secondes de la rencontre. À la [minute] minute, sur une action venue de l’aile, l’attaquant congolais a surgi au second poteau pour propulser le ballon au fond des filets.

Ce but, inscrit dans un money-time d’une intensité rare, a provoqué une explosion de bonheur dans les tribunes et sur le banc des remplaçants. Le sélectionneur, entouré de ses adjoints, n’a pu retenir ses larmes, conscient d’avoir inscrit son nom dans l’histoire du football congolais.

Le retour des “grands” du continent

Avec cette qualification arrachée dans la douleur mais avec une abnégation sans faille, la RDC confirme son retour au plus haut niveau du football africain. Après des années de traversée du désert marquées par des échecs cuisants lors des éliminatoires, les Léopards retrouvent leur place légitime parmi l’élite.

Au coup de sifflet final, la fête a immédiatement commencé sur le terrain. Joueurs et staff technique se sont agenouillés pour prier, avant d’entonner l’hymne national à tue-tête, les yeux rouges d’émotion.

“C’est un rêve devenu réalité. Nous savions ce que ce match représentait pour tout un peuple. Nous n’avons rien lâché, et ce but à la dernière minute est la récompense de notre mentalité. Nous dédions cette qualification à tous les Congolais et aux anciens, à cette génération de 1974 qui nous a montré le chemin”, a déclaré le capitaine de l’équipe, visiblement submergé par l’émotion au micro des journalistes.

Dans les rues de la capitale, la liesse s’est immédiatement propagée. Des cortèges de voitures klaxonnant sans relâche, des drapeaux bleus, rouges et jaunes agités fièrement : toute la RDC s’est transformée en une immense marée humaine pour célébrer ce “sursaut historique”.

Le pays pourra désormais préparer sereinement la phase finale de la Coupe du monde, avec l’ambition de porter haut les couleurs de la nation et de faire aussi bien, sinon mieux, que ses illustres aînés de 1974.

Par Jérôme Wailifu 

Commentaires Facebook