Monde: Moscou rompt officiellement 31 ans de coopération militaire avec la France

 

La Russie a tourné une page importante de son histoire diplomatique. Par un décret signé le 5 décembre 2025 par le Premier ministre Mikhail Mishustin, Moscou a mis fin à l’accord de coopération en matière de défense conclu avec la France le 4 février 1994. Deux autres accords similaires, liant la Russie au Canada et au Portugal, ont également été dénoncés.

Un héritage de la post-Guerre froide jugé obsolète

Pour les autorités russes, ces partenariats ne correspondent plus aux réalités stratégiques actuelles. Dans un contexte de tensions exacerbées avec l’Occident et d’affrontement prolongé en Ukraine, Moscou estime que ces cadres de collaboration hérités de la période post-Guerre froide ne répondent plus à ses priorités.

Cette dénonciation confirme la volonté du Kremlin de revoir entièrement son architecture de coopération militaire, en se détachant des structures euro-atlantiques pour bâtir de nouveaux axes stratégiques.

Une rupture attendue dans les relations franco-russes

Côté français, cette décision entérine une réalité déjà perceptible depuis plusieurs années : les échanges militaires avec la Russie étaient gelés de facto, notamment depuis 2014 et l’annexion de la Crimée. La France perd ainsi un cadre officiel de dialogue sécuritaire, même si ce canal n’était plus opérationnel.

Cette rupture contribue à approfondir un fossé diplomatique déjà large entre Paris et Moscou, dans un contexte où les tentatives de relancer un dialogue stratégique sont devenues quasi inexistantes.

La Russie redéfinit ses alliances

En se désengageant de ces accords occidentaux, Moscou accélère son repositionnement vers d’autres formes de partenariats. Le Kremlin renforce de plus en plus ses coopérations militaires avec des pays hors du bloc occidental, notamment en Afrique, souvent à travers des dispositifs plus souples et parfois non étatiques.

Ce changement marque une réorientation profonde de la stratégie de défense russe, qui cherche à construire de nouvelles zones d’influence loin de l’espace euro-atlantique.

Un nouvel ordre mondial en recomposition

Au-delà de l’acte symbolique, cette décision illustre la fragmentation croissante de l’ordre de sécurité international. La disparition de ces mécanismes de coopération hérités des années 1990 reflète une époque révolue, où la Russie et les pays occidentaux tentaient encore de bâtir des passerelles.

Dans un monde où les tensions géopolitiques s’intensifient, cette rupture risque de compliquer davantage les efforts de désescalade, que ce soit en Ukraine ou dans d’autres théâtres de crise.

Par Jérôme Wailifu 

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