Niger : l’uranium de la Somaïr fait son entrée sur le marché international
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Le Niger franchit un pas décisif dans l’affirmation de sa souveraineté économique. Le régime militaire au pouvoir a annoncé, dimanche soir, la mise en vente directe sur le marché international de l’uranium produit par la Société des mines de l’Aïr (Somaïr). Cette décision consacre le contrôle total de l’État nigérien sur cette ressource stratégique.
Cette annonce fait suite à la nationalisation, en juin dernier, de la part majoritaire (63,4 %) détenue jusqu’alors par le groupe français Orano. L’État, qui possédait déjà 36,6 % des parts, exerce désormais une mainmise complète sur l’exploitation de l’uranium, illustrant sa politique de reprise en main des ressources nationales.
« Cette étape marque notre volonté d’être les premiers bénéficiaires de nos richesses naturelles et d’en contrôler la destinée », a déclaré un porte-parole des autorités, sous couvert d’anonymat. Le Niger, l’un des principaux producteurs mondiaux d’uranium, entend ainsi s’émanciper des circuits historiques et s’imposer comme un acteur indépendant sur le marché global de l’énergie nucléaire.
La stratégie de Niamey vise à diversifier ses partenaires commerciaux et à maximiser les revenus générés par cette manne, essentiels pour le développement du pays. Cette décision pourrait redistribuer les cartes des approvisionnements énergétiques, notamment pour l’Europe, qui dépend traditionnellement de l’uranium nigérien, et ouvrir la voie à de nouveaux acheteurs sur la scène internationale.
Les répercussions de cette annonce sont attendues tant sur le plan économique que diplomatique. Elle constitue un nouveau chapitre dans la reconfiguration des relations entre le Niger et ses anciens partenaires, et pourrait influencer les équilibres énergétiques en Afrique et au-delà. Les observateurs internationaux scrutent désormais les premières transactions qui matérialiseront cette nouvelle politique.
Par Cherif Keita

