Ouganda : Internet partiellement coupé à la veille des élections générales
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À quelques heures des élections présidentielles et législatives prévues pour le 15 janvier 2026, les autorités ougandaises ont ordonné une suspension partielle de l’accès à Internet et à certains services mobiles sur l’ensemble du territoire national. La décision a été annoncée par la Uganda Communications Commission (UCC), l’organe de régulation des télécommunications du pays.
Selon les autorités, cette mesure exceptionnelle est motivée par des impératifs de sécurité nationale. Elle viserait notamment à prévenir la diffusion de fausses informations, à limiter les risques de fraude électorale et à éviter d’éventuels troubles à l’ordre public durant le déroulement du scrutin.
Dans les faits, plusieurs réseaux sociaux et plateformes numériques sont devenus difficilement accessibles, suscitant de vives réactions au sein de la population, de la société civile et des partis politiques de l’opposition. Ces derniers dénoncent une atteinte à la liberté d’expression, au droit à l’information et à la transparence du processus électoral, dans un contexte politique déjà tendu.
Toutefois, les autorités assurent que les services jugés essentiels restent pleinement fonctionnels. Il s’agit notamment des services de santé, des opérations bancaires, ainsi que des infrastructures électorales, qui continuent de fonctionner sous un contrôle renforcé de l’État. L’objectif affiché est de garantir la continuité des activités vitales tout en maintenant un strict encadrement sécuritaire.
Cette décision s’inscrit dans une pratique déjà observée lors de précédents scrutins en Ouganda et dans d’autres pays de la région, où les coupures d’Internet sont régulièrement utilisées comme outil de gestion des périodes électorales sensibles. Néanmoins, les organisations de défense des droits humains rappellent que de telles restrictions peuvent affaiblir la confiance du public et entacher la crédibilité des élections.
À la veille du vote, l’Ouganda retient donc son souffle. La communauté nationale et internationale suivra avec attention le déroulement du scrutin, dans l’espoir d’élections apaisées, transparentes et crédibles, malgré un climat politique et numérique sous haute surveillance.
Par Rodrigue Izumo

