RDC: Accusé de complicité avec les rebelles, Joseph Kabila désormais sans immunité
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Coup de tonnerre sur la scène politique congolaise : le Sénat a voté ce jeudi la levée de l’immunité parlementaire de l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. Par 88 voix pour, 5 contre et 3 abstentions, la chambre haute du Parlement ouvre ainsi la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires contre celui qui a dirigé le pays pendant près de deux décennies.
À l’origine de cette décision inédite, une requête du ministère de la Justice appuyée par le gouvernement, accusant Joseph Kabila d’être un soutien actif du groupe rebelle AFC/M23. Cette rébellion armée est actuellement engagée dans de violents combats contre les Forces armées congolaises dans l’Est du pays, notamment dans les régions de Goma et du Nord-Kivu. Le nom de Kabila avait déjà été cité en avril dernier, après que plusieurs de ses propriétés eurent été perquisitionnées par les forces de sécurité.
Les accusations portées contre l’ancien chef de l’État sont d’une extrême gravité : trahison, crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et participation à une insurrection. Autant de chefs d’inculpation qui relèvent désormais de la compétence de la justice militaire, habilitée à le convoquer et, le cas échéant, à engager des procédures judiciaires.
Le gouvernement congolais insiste sur la légitimité juridique de la démarche. « Ce n’est pas une décision politique, mais une exigence de justice. Nul n’est au-dessus de la loi, pas même un ancien président », a déclaré un sénateur proche du pouvoir, balayant les accusations d’acharnement.
Joseph Kabila, de son côté, dénonce une opération de déstabilisation politique. Sur son compte X (ex-Twitter), il a fustigé une « manœuvre désespérée dans un climat de panique au sommet de l’État » et s’est déclaré prêt à répondre devant la justice sans le bouclier de son immunité parlementaire. Il a également lancé un avertissement à ses accusateurs : « Ceux qui me prennent aujourd’hui pour cible devraient déjà songer à ce qu’ils auront à dire demain. »
Ce tournant judiciaire, qui intervient à un moment de forte tension politique et sécuritaire, risque de polariser davantage l’opinion publique en RDC. Reste à savoir si cette levée d’immunité débouchera sur un procès retentissant ou si elle s’inscrira dans le jeu complexe des rivalités politiques congolaises.
Par Jérôme Wailifu

