RDC: Le pays lance Juliana Lumumba, fille de Patrice Lumumba, dans la course à la tête de la Francophonie

La République démocratique du Congo (RDC) officialise son entrée en lice pour la succession à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Le gouvernement congolais a choisi de porter un nom lourd de symbole : Juliana Amato Lumumba, fille du premier Premier ministre du Congo, Patrice Emery Lumumba, a été désignée candidate au poste de secrétaire générale.

Avec cette candidature, Kinshasa entend insuffler « un nouveau souffle » à la Francophonie. Le choix de Juliana Lumumba, annoncé ce week-end, vise à incarner une vision « plus ouverte et solidaire » de l’institution, en misant sur l’expérience et le profil diplomatique de la candidate.

Un parcours au service de la culture et de la coopération

Âgée de 63 ans, Juliana Amato Lumumba ne fait pas figure de novice sur l’échiquier diplomatique et culturel. Forte de plus de trente ans d’expérience dans la gouvernance publique et la coopération internationale, elle a notamment occupé le poste de ministre de la Culture de la RDC. Ce long parcours lui a permis de tisser un réseau solide et d’acquérir une expertise reconnue, tant sur le continent africain qu’à l’international.

Polyglotte et engagée de longue date pour la cause des femmes et des jeunes, elle fait valoir un profil de rassembleuse. Le gouvernement congolais estime que son héritage familial, combiné à son expérience personnelle en diplomatie culturelle, fait d’elle une figure crédible pour « montrer la voie d’une communauté francophone renouvelée ».

Une bataille diplomatique annoncée face à Kigali

Cette candidature place cependant la RDC sur une trajectoire de confrontation diplomatique avec son voisin rwandais. En effet, la secrétaire générale sortante, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, brigue un nouveau mandat à la tête de l’institution. Le duel s’annonce serré et s’inscrit dans un contexte déjà tendu entre les deux pays, qui s’accusent mutuellement de déstabilisation dans l’Est de la RDC.

Le dépôt officiel du dossier de candidature congolais est attendu avant le mois de juin. D’ici là, Kinshasa va devoir mener une intense campagne de lobbying auprès des 88 États et gouvernements membres de la Francophonie pour tenter de renverser la favorite sortante.

La bataille pour diriger l’OIF, prévue lors du sommet de l’organisation en octobre prochain, s’annonce donc comme un affrontement de poids lourds régionaux, où les questions de souveraineté et d’influence diplomatique primeront.

Par Jérôme Wailifu 

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