Sénégal : une loi historique pour protéger et récompenser les lanceurs d’alerte
Le Sénégal vient de franchir une étape majeure dans la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance. Ce mardi, l’Assemblée nationale a adopté une loi inédite consacrée à la protection des lanceurs d’alerte, une première dans l’Afrique francophone subsaharienne, selon la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF).
Ce texte novateur établit un cadre légal qui garantit la sécurité de toute personne dénonçant, dans le cadre de ses activités professionnelles, un crime, un délit financier ou tout acte susceptible de porter atteinte à l’intérêt général.
Au-delà de la protection, la loi introduit également un dispositif incitatif inédit : lorsqu’un signalement aboutit au recouvrement de fonds publics ou d’avoirs illicites, le lanceur d’alerte percevra une récompense équivalente à 10 % du montant récupéré, ou un forfait déterminé par les autorités compétentes.
Cette mesure, saluée par les observateurs, reflète la volonté du Sénégal de se positionner en pionnier dans la région en matière de lutte contre la corruption. Elle vise à encourager les citoyens à participer activement à la préservation des ressources publiques et au renforcement de la transparence dans la gestion des affaires publiques.
Avec cette loi, le pays envoie un signal fort : la protection des lanceurs d’alerte n’est plus une option, mais un pilier essentiel dans la consolidation de l’État de droit et la lutte contre l’impunité.
Par Cherif Keita

