Tchad : Cinéma : L’AJCCT scelle son entrée dans la Fédération africaine des critiques lors d’une cérémonie à N’Djamena
Dans une atmosphère empreinte de fierté et d’émotion, l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Tchad (AJCCT) a officiellement reçu, ce lundi 19 mai 2025, son écharpe d’adhésion à la Fédération Africaine des Critiques Cinématographiques (FACC). La cérémonie s’est tenue au Centre culturel Talino Manu, devant un public de professionnels du secteur, de passionnés de cinéma et d’invités institutionnels.
Cette distinction s’inscrit dans la continuité de la 29e édition du FESPACO à Ouagadougou, où le Tchad avait été mis à l’honneur. Elle consacre la reconnaissance continentale d’un métier encore en construction dans le pays, mais porté par des acteurs déterminés à lui donner une véritable envergure.
Un symbole fort pour une jeune profession
« L’écharpe que nous recevons aujourd’hui n’est pas un simple accessoire », a déclaré Hassan Nang-ouldé Malloum, président du comité d’organisation. « Elle incarne notre appartenance à une communauté de professionnels engagés, notre quête d’excellence et notre responsabilité envers le public et les créateurs. »
De son côté, FODI Mahamat Tahir, président de l’AJCCT, a salué le courage des critiques tchadiens qui évoluent dans un contexte difficile. « Nous œuvrons dans un pays où il n’y a ni salle de cinéma, ni fonds d’aide à la création artistique », a-t-il rappelé, avant de souligner la volonté de son organisation de « soutenir tous les artisans du cinéma et valoriser les talents locaux ».
Reprendre la parole sur les récits africains
Pour Youssouf Djaoro, acteur reconnu et directeur du Centre Talino Manu, cette adhésion est un pas de plus vers la souveraineté narrative des Africains. « Le cinéma africain a trop longtemps été jugé à travers un prisme occidental. Il est temps de montrer nos réalités à travers notre propre regard », a-t-il affirmé avec conviction.
Un tournant pour la critique tchadienne
L’intégration du Tchad à la FACC marque une étape majeure vers la structuration de la critique cinématographique dans le pays. Elle ouvre des perspectives de formation, de partenariat et de visibilité à l’international. C’est aussi un signal fort envoyé à la jeunesse : celui d’un avenir possible dans les métiers de l’analyse et de la valorisation de la création artistique.
Dans un environnement encore peu propice au développement du 7e art, cette reconnaissance continentale est porteuse d’espoir. Les critiques tchadiens entendent désormais jouer leur rôle d’aiguilleurs culturels, au service d’un cinéma authentique, engagé et ambitieux, à l’image du pays qu’ils représentent.
Par Kenzo Brown

