Tchad : décès à Paris de l’écrivain et homme d’État Antoine Bangui-Rombaye

Le Tchad perd l’une de ses figures intellectuelles et politiques majeures. Antoine Bangui-Rombaye, écrivain engagé et ancien ministre tchadien, est décédé ce mercredi 28 janvier 2026 à Paris, en France, à l’âge de 92 ans, des suites d’une maladie, selon des sources proches de la famille.

Né en 1933 à Bodo, Antoine Rombaye, connu sous le nom de plume Antoine Bangui-Rombaye, a profondément marqué l’histoire politique et littéraire du Tchad contemporain. Son parcours, à la fois prestigieux et tourmenté, illustre les contradictions des premières décennies post-indépendance du pays.

Un parcours politique brisé par la répression

Au lendemain de l’indépendance du Tchad, Antoine Bangui-Rombaye accède aux plus hautes fonctions de l’État. Il est nommé ministre sous la présidence de François Tombalbaye entre 1962 et 1972. Cette trajectoire est brutalement interrompue lorsqu’il est arrêté et incarcéré par le régime qu’il servait, devenant l’une des figures marquantes de la répression politique de l’époque.
Il retrouve la liberté en 1975, à la suite du coup d’État militaire qui met fin au régime Tombalbaye.

Diplomate et écrivain engagé

Après sa libération, Antoine Bangui-Rombaye poursuit son engagement au service de l’État comme diplomate, notamment en qualité d’ambassadeur du Tchad en Roumanie, avant d’intégrer l’Unesco en tant que fonctionnaire international.

Parallèlement, il s’impose comme un écrivain majeur de la littérature africaine francophone. Son œuvre la plus emblématique, Prisonnier de Tombalbaye (1980), demeure un témoignage poignant sur l’arbitraire et les dérives dictatoriales. Il est également l’auteur de Les Ombres de Kôh et, plus récemment, de ses mémoires Mémoires vives, publiées en novembre 2025.

Une conscience vigilante du Tchad

Jusqu’à ses derniers jours, Antoine Bangui-Rombaye est resté une voix lucide et critique, souvent décrite comme une conscience vigilante du Tchad contemporain. Son engagement intellectuel et moral continuera d’inspirer les générations futures.

En cette douloureuse circonstance, le journal L’Œil du Sahara présente ses sincères condoléances à la famille du défunt, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble du peuple tchadien, profondément touché par la disparition de cette figure historique.

Par Kenzo Brown

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