Tchad : Déluge meurtrier sur Ndounambo : deux aînées blessées, des siècles de patrimoine végétal anéantis
La furie des éléments s’est abattue sur le village de Ndounambo (cantons de Takapti et Bépara) dans la nuit du dimanche 7 avril. Des pluies torrentielles, accompagnées de rafales destructrices, ont plongé la localité dans un chaos indescriptible.
Le bilan humain, encore provisoire, dénombre plusieurs blessés graves, dont deux femmes âgées qui luttent aujourd’hui pour se rétablir. Sur le plan matériel, des habitations se sont écroulées comme des châteaux de cartes. Les vents n’ont pas fait de détail : manguiers et nérés plusieurs fois centenaires, témoins silencieux de la vie du village, gisent désormais à terre, arrachés avec une violence inouïe.
« Reconstruire chaque année, c’est au-dessus de nos forces »
Sous un ciel encore menaçant, les sinistrés errent parmi les décombres. Dépouillés de tout, ils expriment avant tout une immense lassitude. « Nous n’en pouvons plus. Dès que nous terminons de rebâtir, une nouvelle intempérie nous remet à zéro », se lamente un habitant, le regard vide.
À cette détresse s’ajoute une inquiétude existentielle : comment entamer la saison agricole qui s’annonce ? Les champs sont noyés, les récoltes compromises. Pour ces communautés rurales dont la survie dépend entièrement de la terre, chaque intempérie creuse un peu plus le fossé du désespoir.
Un cri du cœur face à l’urgence climatique
Ce nouveau drame met en lumière une réalité implacable : les zones rurales isolées comme Ndounambo paient un lourd tribut aux dérèglements climatiques. Sans infrastructures adaptées ni système d’alerte précoce, chaque pluie torrentielle peut virer au cataclysme.
Les rescapés lancent aujourd’hui un appel solennel aux autorités et aux organisations humanitaires. Ils réclament non pas une aide ponctuelle, mais des solutions structurelles. Car sans toit, sans récoltes et sans perspective, le village de Ndounambo craint de ne jamais se relever.
Par Mbaikoula Philippe

