Tchad:  Disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh : 18 ans après, l’énigme et l’exigence de vérité demeurent

Dix-huit ans se sont écoulés depuis la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, sans que la lumière ne soit faite sur son sort. Enlevé à son domicile le 3 février 2008, au lendemain des affrontements armés ayant secoué la capitale tchadienne, le mathématicien de renom et figure majeure de l’opposition n’a jamais été revu.

Malgré le temps, le silence persiste. Les enquêtes annoncées n’ont jamais abouti et aucune responsabilité n’a été établie.

Sa famille, ses compagnons politiques du Parti pour les Libertés et le Développement (PLD) et une large partie de l’opinion nationale continuent de réclamer vérité et justice, face à une disparition officiellement reconnue mais jamais élucidée.

Universitaire respecté, Ibni Oumar Mahamat Saleh fut professeur de mathématiques et ancien chef du département de mathématiques à l’Université de N’Djamena. Il a également occupé plusieurs fonctions ministérielles, notamment à l’Élevage, à l’Enseignement supérieur et au Plan, avant de s’engager résolument dans l’opposition politique, dont il devint l’un des visages les plus emblématiques à travers la CPDC.

Au-delà de l’homme politique, Ibni incarnait une vision : celle d’un Tchad fondé sur l’État de droit, la démocratie et le développement par le savoir. Dix-huit ans après sa disparition, sa mémoire demeure vivante. Le Prix Ibni Oumar Mahamat Saleh, décerné tous les deux ans à de jeunes mathématiciens d’Afrique centrale et de l’Ouest, perpétue son héritage intellectuel. L’édition 2026 est en cours, avec une proclamation des résultats attendue en juin.

Chaque début de mois de février, des hommages lui sont rendus au Tchad et à l’étranger. Organisations de défense des droits humains, partis politiques et citoyens engagés renouvellent leurs appels à la vérité. Des initiatives citoyennes réclament également que l’Université de N’Djamena porte son nom, en reconnaissance de son apport majeur à l’enseignement supérieur tchadien.

Dix-huit ans après, l’absence d’Ibni Oumar Mahamat Saleh reste une plaie ouverte dans la mémoire nationale. Plus qu’un souvenir, il demeure un symbole : celui du combat contre l’arbitraire et du refus de l’oubli.

Pensée pieuse pour Ibni Oumar Mahamat Saleh.
Non à l’oubli.

Par Kenzo Brown 

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