Togo : Le rappeur Aamron de nouveau face aux juges le 11 mars

L’artiste togolais Narcisse Essowé Tchalla, plus connu sous le nom de scène Aamron, est convoqué devant la chambre d’instruction de la Cour d’Appel de Lomé. L’audience, prévue pour le mercredi 11 mars 2026 à 9 heures, marque une nouvelle étape dans la procédure judiciaire ouverte contre lui pour « incitation à la révolte contre l’autorité de l’État ».

Narcisse Essowé Tchalla, alias Aamron, figure controversée de la scène musicale togolaise.

Cette convocation, dont l’information a été révélée ce week-end, a été officiellement notifiée au cabinet de son conseil, Me Koffi Elom Kpade, par voie d’huissier. La chambre d’instruction de la cour d’appel, juridiction chargée de contrôler la bonne marche des enquêtes pénales, devra donc examiner le dossier du rappeur.

Une procédure qui s’inscrit dans la durée

Ce nouveau rendez-vous judiciaire intervient plusieurs mois après la mise en examen très médiatisée de l’artiste. En septembre 2025, Aamron avait été interpellé et inculpé dans une affaire qui l’avait brièvement lié à l’ancienne ministre des armées, Marguerite Gnakadé. Relâché peu après, il avait été placé sous contrôle judiciaire, une mesure restrictive lui interdisant notamment certaines prises de parole publiques et l’obligeant à répondre aux convocations de la justice.

L’audience du 11 mars pourrait permettre à la défense de contester certains aspects de la procédure ou, au contraire, d’entériner la poursuite de l’instruction. Elle sera également scrutée pour d’éventuelles évolutions concernant les conditions du contrôle judiciaire imposé à l’artiste.

Une figure qui cristallise les tensions

Figure clivante mais influente auprès d’une frange de la jeunesse togolaise, Aamron s’est fait connaître par ses critiques acerbes envers le pouvoir en place, qu’il relaye massivement via les réseaux sociaux. Son arrestation en mai 2025 avait mis le feu aux poudres dans un paysage politique déjà fragilisé par les crises à répétition, faisant de lui un symbole de la répression pour ses soutiens, et un agitateur dangereux pour ses détracteurs.

Cette nouvelle convocation devant la chambre d’instruction, bien que relevant d’une procédure de routine dans le cours d’une instruction, est donc perçue comme un baromètre de l’état des libertés publiques au Togo. L’opinion publique, très divisée, suit avec attention ce feuilleton judiciaire qui mêle étroitement scène musicale, activisme politique et appareil judiciaire.

L’issue de l’audience de mercredi prochain déterminera la suite de ce bras de fer judiciaire, alors que l’artiste reste sous la menace d’une potentielle aggravation des charges ou, à l’inverse, d’un allègement de ses contraintes judiciaires.

Par Frédéric Konaté 

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