Togo : Suspension de RFI et France 24 au Togo : la HAAC invoque des « atteintes à la stabilité »
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Dans un climat politique déjà tendu par l’arrestation du rappeur engagé Amron et les manifestations qui s’en sont suivies, les autorités togolaises viennent d’ajouter un nouvel épisode à la crise : la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a annoncé la suspension pour trois mois de Radio France Internationale (RFI) et de France 24 sur le territoire national.
Dans un communiqué officiel signé par son président Pitalounani Télou, la HAAC accuse les deux médias internationaux, appartenant au groupe France Médias Monde, de « manquements répétés ». Les autorités leur reprochent la diffusion de propos jugés inexacts, tendancieux, voire contraires aux faits établis, qui auraient, selon elles, porté atteinte à la stabilité des institutions républicaines et à l’image du pays.
Des tensions politiques en toile de fond
Cette décision intervient alors que l’affaire Amron, du nom de ce rappeur devenu figure de la contestation populaire, continue d’agiter l’opinion publique. Des manifestations pour exiger sa libération ont secoué plusieurs villes togolaises ces derniers jours. Dans ce contexte, la couverture de l’actualité par RFI et France 24 a visiblement déplu aux autorités.
Des observateurs y voient une tentative de musellement de la presse internationale, alors que le pays est régulièrement épinglé pour ses atteintes à la liberté d’expression.
Une mesure vivement critiquée
Déjà, plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse dénoncent cette suspension, qu’elles jugent disproportionnée et symptomatique d’un climat de répression de l’information indépendante. Les réactions ne devraient pas tarder du côté des chancelleries occidentales et des institutions de défense de la liberté de la presse.
En attente d’un recours ?
Aucune déclaration officielle n’a encore été faite par les directions de RFI et de France 24. Il est toutefois probable que le groupe France Médias Monde saisisse les instances diplomatiques ou juridiques compétentes pour contester cette mesure, comme cela avait été le cas dans d’autres pays africains ayant procédé à des suspensions similaires.
Par Frédéric Konaté

