Tchad : Coupe d’Afrique Slam Poésie :  Tanzy-Larime oublié à N’Djamena,le pays rate sa chance africaine

 

La Coupe d’Afrique de Slam Poésie (CASP) s’est ouverte ce 1ᵉʳ décembre à Conakry, rassemblant 38 pays dans une célébration artistique majeure où les mots deviennent résistance, identité et lumière. Pourtant, pendant que les projecteurs s’allument sur la scène guinéenne, une ombre lourde plane sur le slam tchadien : notre champion national, Ngourkosso Nomaye Tanguy alias Tanzy-Larime, est resté au sol. Littéralement.

 

À même le trottoir, sa valise comme seul témoin d’un rêve saboté.

Une humiliation qui dépasse un simple voyage manqué , ce qui arrive à Tanzy-Larime n’est pas un incident technique, ce  n’est pas une erreur d’agenda. Ce n’est pas un malentendu logistique. Cest le symptôme d’une maladie plus profonde, celle d’un pays qui clame vouloir soutenir sa jeunesse mais la laisse se débrouiller chaque fois qu’elle frappe aux portes de l’excellence.

Comment expliquer qu’un champion national, sélectionné pour porter le drapeau du Tchad dans une compétition internationale, puisse être abandonné ainsi au dernier moment ?

Comment comprendre que promesses de billets et promesses d’appui du Ministère de la Culture ou de l’ADAC se dissolvent au moment où la réalité exige un acte concret ?

Le slam tchadien mérite mieux que des promesses

 

Le slam n’est pas un divertissement marginal,  cest une parole citoyenne cest un espace où la jeunesse dit ce que les politiques ne veulent plus entendre c’est une scène où les invisibles prennent voix.

Depuis des années, les slameurs tchadiens se battent pour exister, pour être structurés, pour être représentés. Tanzy-Larime est l’un de ceux qui portent cette flamme avec dignité, discipline et talent. Le voir humilié ainsi  valise en main, billet introuvable  est un affront non seulement à son travail mais à toute une génération de créateurs.

Que vaut une politique culturelle qui ne tient pas parole ?

 

Les dirigeants aiment s’afficher auprès des artistes, i ls aiment inaugurer, promettre, féliciter, poster des photos,  mais  quand vient le moment d’agir, d’aider, de défendre, de financer, les artistes se retrouvent seuls. Il ne s’agit pas ici d’accuser à la légère,  il s’agit de demander ce que tout citoyen est en droit d’attendre tels que : la ransparence, responsabilité et respect de la parole donnée, un champion  national ne devrait pas mendier un billet d’avion, un  champion national ne devrait pas dépendre de coups de fil de dernière minute un  champion national ne devrait jamais se retrouver abandonné. Triste

38 pays réunis à Conakry… sans le Tchad sur scène

 

À Conakry, la compétition se déroule sous le slogan : « Le Slam, une question de vie », pendant ce temps, au Tchad, on envoie à la jeunesse un message contraire : « Vos rêves ne sont pas une priorité. »

L’absence du Tchad ne passera pas inaperçue. Et ce ne sont pas les slameurs guinéens, sénégalais, ivoiriens, congolais ou marocains qui diront le contraire : la culture tchadienne a une voix forte, mais elle est trop souvent bâillonnée par l’indifférence institutionnelle.

Il est temps d’arrêter ces humiliations. Il est temps de cesser les improvisations qui détruisent les carrières.Il est temps que les responsables  oui, les vrais responsables s’expliquent.

Il est surtout temps que le Tchad définisse clairement ce que vaut un artiste : un ornement folklorique ou un ambassadeur national ? Tanzy-Larime n’est pas qu’un individu. Il est un symbole, et t quand un symbole tombe, c’est une nation entière qui vacille.

Pour que cela ne se répète plus

Cette situation doit conduire à :

Une réforme profonde de la gestion du slam au Tchad , un contrôle clair des engagements pris par les institutions culturelles ; une protection des représentants nationaux dans les compétitions internationales ; un financement structuré de la culture, loin des promesses improvisées.

 

Le Tchad ne doit plus perdre ses champions

 

Aujourd’hui, Tanzy-Larime n’est pas à Conakry. Mais demain, combien d’autres talents seront perdus si rien ne change ?

Le slam nous apprend que les mots peuvent construire. Espérons que cette humiliation servira enfin de fondation à une prise de conscience nationale.

Parce qu’un pays qui abandonne ses artistes abandonne une part de lui-même.

Par Kenzo Brown 

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