Cameroun : Officiel : Le Pape Léon XIV en visite apostolique du 15 au 18 avril 2026
Le Vatican a officialisé, ce mardi, la tenue tant attendue de la visite apostolique du Pape Léon XIV au Cameroun. Le Souverain pontife séjournera dans le pays du 15 au 18 avril 2026, marquant ainsi un temps fort pour la chrétienté en Afrique centrale.
L’information, qui circulait depuis plusieurs mois dans les milieux ecclésiastiques et diplomatiques, a été confirmée par la nonciature apostolique. Cette annonce suscite d’ores et déjà un grand émoi parmi les fidèles, mais aussi une mobilisation importante des autorités civiles et religieuses en vue de cet événement historique.
Un itinéraire symbolique entre les archidiocèses
Selon le programme préliminaire dévoilé par la Secrétairerie d’État, le Saint-Père se rendra dans trois archidiocèses majeurs du pays, couvrant ainsi les zones géographiques et culturelles clés du Cameroun :
· Yaoundé (15-16 avril) : Le chef de l’Église catholique arrivera dans la capitale politique. Une cérémonie officielle d’accueil est prévue à l’aéroport international Nsimalen, suivie d’une visite de courtoisie au Palais d’Unity auprès du Président de la République. Une grande messe devrait être célébrée au stade Ahmadou Ahidjo.
· Douala (17 avril) : Le pape se rendra dans la capitale économique, poumon du pays. Il rencontrera les acteurs du monde du travail et de l’entreprise, avant de présider un office religieux, probablement au stade de Japoma, capable d’accueillir des dizaines de milliers de fidèles.
· Bamenda (18 avril) : Dernière étape de son séjour, la métropole des Grassfields revêt une importance particulière. Dans une région des Nord-Ouest et Sud-Ouest marquée par une crise socio-politique persistante, la venue du Pape Léon XIV est perçue comme un puissant geste de paix et de réconciliation.
Une visite hautement symbolique
Avec ce déplacement, le Pape Léon XIV devient le troisième souverain pontife à fouler le sol camerounais, après les visites marquantes de Saint Jean-Paul II en 1985 et 1995, et celle du Pape émérite Benoît XVI en 2009. Cette inscription dans la continuité des voyages pontificaux souligne l’importance que le Vatican accorde à l’Église camerounaise, l’une des plus dynamiques et influentes du continent.
Au-delà de son caractère strictement religieux, cette visite apostolique revêt une dimension diplomatique et sociale de premier plan. Elle intervient dans un contexte où l’Église catholique au Cameroun ne se contente pas de remplir sa mission pastorale. À travers ses innombrables écoles, universités, hôpitaux et centres de santé, elle supplée parfois aux carences de l’État et joue un rôle crucial dans le développement humain.
L’Église comme médiatrice
Les observateurs s’accordent à dire que le discours du Saint-Père devrait résonner particulièrement dans le domaine de la médiation sociale et de la paix. La Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) a souvent été sollicitée, ou s’est autosaisie, pour jouer les facilitateurs dans les crises que traverse le pays, notamment la crise anglophone et la menace terroriste dans l’Extrême-Nord.
Au programme : des rencontres avec les autorités religieuses traditionnelles, des moments de prière œcuméniques et interreligieux, ainsi que des échanges privilégiés avec les jeunes. Ces derniers, qui constituent une part massive de la population et de l’assemblée dominicale, devraient être au cœur des préoccupations du Pape, tout comme les acteurs sociaux engagés auprès des plus démunis.
Une organisation titanesque en préparation
Dès cette annonce, un comité national d’organisation, mêlant représentants de l’État et de l’Église, va être mis en place pour préparer ce rendez-vous. Logistique, sécurité, accueil des pèlerins venant des pays voisins (Gabon, Tchad, RCA, Guinée équatoriale) et mobilisation des moyens financiers sont autant de défis à relever pour faire de cette visite un succès.
Pour des millions de Camerounais, ces quatre jours d’avril 2026 s’annoncent déjà comme un moment de grâce et de recueillement, mais aussi comme une vitrine exceptionnelle pour le pays sur la scène internationale.
Par Georges Domo

