Cameroun : bataille judiciaire autour des obsèques d’Anicet Ekane, la veuve déboutée, un fils désigné organisateur
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Le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo a rendu une décision clivée lundi 13 avril 2026, en référé d’heure à heure, dans l’affaire opposant la veuve d’Anicet Ekane aux enfants de l’ancien président du Manidem. Le juge a confié l’organisation des funérailles à l’un des fils du défunt et interdit la remise du corps à son épouse.
Décédé en décembre 2025 à Yaoundé, Anicet Ekane, figure politique camerounaise et ancien président du Manidem, n’a toujours pas été inhumé. Plus de quatre mois après sa mort, c’est désormais la justice qui doit trancher un conflit familial aigu autour de ses obsèques.
Le Dr Muna Ekane nommé administrateur judiciaire des funérailles
Saisi en urgence, le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo s’est déclaré compétent pour régler le litige. Par sa décision du 13 avril, le juge a désigné le Dr Muna Ekane – l’un des fils du défunt – comme « administrateur judiciaire des obsèques ». À ce titre, il aura la charge exclusive de toutes les démarches liées à l’organisation des funérailles.
Dans le même temps, le tribunal a ordonné à l’Hôpital Laquintinie de Douala de ne pas remettre le corps à la veuve d’Anicet Ekane. Cette mesure, prise d’office selon les avocats de l’épouse, a été vivement contestée.
La veuve dénonce une décision unilatérale et annonce faire appel
Les conseils de la veuve ont immédiatement réagi, dénonçant une procédure qui, selon eux, ne respecte pas les dernières volontés du défunt. Ils estiment que le juge a outrepassé sa mission en ordonnant le retrait du corps à leur cliente.
« Les volontés d’Anicet Ekane n’ont pas été respectées », ont-ils déclaré, en annonçant leur intention de faire appel de l’ordonnance.
Plusieurs autres demandes introduites dans le cadre de la procédure n’ont pas été tranchées, notamment celles relatives à la date précise des obsèques ou à l’éventuelle participation de tiers à la cérémonie.
Un conflit qui en dit long sur les tensions familiales et politiques
Anicet Ekane, décédé il y a quatre mois à Yaoundé, reste une figure respectée et controversée du paysage politique camerounais. Son décès a laissé derrière lui une famille profondément divisée sur la manière d’organiser ses funérailles.
Ce litige oppose désormais clairement deux camps : la veuve, qui revendique la légitimité d’organiser les obsèques de son mari, et les enfants – emmenés par le Dr Muna Ekane – qui estiment que cette responsabilité leur revient.
La décision du tribunal de Douala-Bonanjo, bien que provisoire en attendant un éventuel appel, donne pour l’instant gain de cause aux seconds.
Une affaire suivie de près au Cameroun
Au-delà du cercle familial, cette affaire captive l’opinion publique camerounaise, très attachée aux rites funéraires et à la transmission du pouvoir symbolique au sein des familles. Sur les réseaux sociaux, les réactions sont partagées entre ceux qui saluent l’intervention de la justice et ceux qui y voient une ingérence inappropriée.
L’appel annoncé par la veuve pourrait rebattre les cartes dans les prochains jours, tandis que le corps d’Anicet Ekane attend toujours sa sépulture.
Par Georges Domo

