Zimbabwe : une statue jugée « ratée » de Joshua Nkomo retirée sous la pression populaire
Le ZANU-PF, parti au pouvoir au Zimbabwe, espérait honorer l’une des figures emblématiques de la lutte pour l’indépendance. Mais l’initiative a provoqué une vague d’indignation. Une statue à l’effigie de Joshua Nkomo, ancien vice-président et héros de la libération nationale, a été dévoilée samedi dans la ville de Bulawayo. Très vite, les critiques ont fusé : l’œuvre est jugée de mauvaise qualité, et la ressemblance avec le défunt leader, pour beaucoup, inexistante.
Face à la colère croissante de la population, les autorités ont fait machine arrière. La statue a été retirée quelques heures seulement après son inauguration. Aucune information n’a été communiquée sur l’artiste ou le coût du projet.
Joshua Nkomo, décédé en 1999, reste une figure vénérée au Zimbabwe, en particulier dans la région de Bulawayo, bastion de l’ethnie ndébélé. Surnommé « le Père du Zimbabwe », il avait joué un rôle clé dans la guerre de libération avant de devenir vice-président après l’unité nationale des années 1980.
Pour de nombreux habitants, cette statue mal fichue est perçue comme un manque de respect. Sur les réseaux sociaux, les internautes dénoncent un « gaspillage d’argent public » dans un pays frappé par une grave crise économique. Le ZANU-PF, déjà fragilisé par les difficultés sociales et politiques, essuie là une nouvelle humiliation. La statue retirée, la polémique, elle, ne désenfle pas.
Par Rodrigue Izumo

