Tchad : l’arabe enseigné au même titre que le français dans tous les établissements scolaires dès la prochaine rentrée
C’est un tournant majeur pour le système éducatif tchadien. Par une circulaire signée le 20 avril 2026, le ministre de l’Éducation nationale, Dr Mahamat-Ahmad Alhabo, annonce l’application effective du bilinguisme dans les écoles du pays. Dès la rentrée prochaine, la langue arabe ne sera plus une simple matière optionnelle : elle devra être enseignée avec le même volume horaire et le même coefficient que le français.
Jusqu’alors, l’arabe était souvent relégué au rang de langue facultative, voire absente de nombreux cursus, notamment dans les établissements francophones. Cette décision vise à rééquilibrer les deux langues officielles du Tchad – le français et l’arabe – sur le terrain scolaire, conformément à la Constitution et aux engagements répétés du gouvernement en faveur d’un bilinguisme réel.
Dans sa circulaire, le ministre souligne que cette mesure concerne l’ensemble des établissements primaires et secondaires, publics comme privés. Les enseignants devront être formés en conséquence, et les manuels adaptés pour offrir un enseignement structuré et progressif dans les deux langues. Les épreuves des examens nationaux (BEPC, baccalauréat) intégreront désormais l’arabe avec un coefficient identique à celui du français.
« C’est une volonté politique forte de permettre à chaque élève tchadien de maîtriser les deux langues officielles, gages d’unité nationale et d’ouverture sur le monde arabe et francophone », a déclaré une source proche du ministère.
Si la décision est saluée par certains défenseurs de la diversité linguistique, elle soulève aussi des défis logistiques majeurs : manque d’enseignants qualifiés en arabe dans les zones non arabophones, pénurie de manuels, et risque de surcharge pour les élèves. Les syndicats d’enseignants attendent de voir les moyens alloués pour éviter que cette réforme ne reste lettre morte.
La rentrée prochaine sera donc scrutée de près. Pour des milliers d’élèves habitués à considérer l’arabe comme une option secondaire, l’heure est désormais à l’apprentissage obligatoire – et noté – à parts égales avec le français.
Le Tchad, carrefour linguistique, tente ainsi de faire de son école un véritable creuset bilingue. Reste à savoir si les infrastructures et les ressources humaines suivront le rythme imposé par la circulaire du 20 avril.
Par Kenzo Brown

