Afrique : La CEDEAO veut faire de sa force en attente un outil clé contre l’insécurité régionale

Face à la montée des menaces terroristes et des crises sécuritaires dans l’espace ouest-africain, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réaffirmé, lors du Forum de Dakar, la nécessité de s’appuyer sur sa force en attente. Le président de la Commission, Omar Alieu Touray, a plaidé pour une coordination sans précédent entre États membres afin de dépasser la fragmentation actuelle des dispositifs.

Alors que plusieurs initiatives existent — G5 Sahel, Initiative d’Accra, opérations multinationales — celles-ci souffrent encore d’un manque de coordination. « Elles sont pertinentes mais insuffisamment intégrées », a-t-il souligné, appelant à les rassembler dans un cadre régional cohérent pour gagner en efficacité.

Au cœur de cette nouvelle dynamique, la force en attente de la CEDEAO est présentée comme un levier stratégique. Prévue pour un déploiement initial d’environ 1 650 hommes, elle devrait évoluer progressivement vers un format de 5 000 éléments. L’objectif : doter l’Afrique de l’Ouest d’une capacité d’intervention plus autonome et plus réactive face aux crises persistantes.

Deux défis majeurs ont été mis en avant par le responsable régional : le financement durable des opérations et le renforcement de la confiance entre États membres. Il a insisté sur la mobilisation accrue des ressources internes pour réduire la dépendance aux partenaires extérieurs. Si certaines avancées ont été saluées au niveau international, Omar Alieu Touray a appelé à une mise en œuvre effective des mécanismes de soutien, dans un cadre dépolitisé.

Cette approche marque une étape supplémentaire vers une autonomie stratégique ouest-africaine, alors que la région reste confrontée à une dégradation rapide de son environnement sécuritaire.

Par Cherif Keita 

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