France : Rassemblement historique à Paris en soutien à la junte malienne et à l’AES

Des milliers de ressortissants maliens et sahéliens, venus de toute l’Europe, ont répondu présent ce samedi 02 Mai à Paris pour exprimer leur soutien aux autorités de la transition malienne ainsi qu’à l’Alliance des États du Sahel (AES). Un hommage particulier a été rendu au Général Sadio Camara, assassiné le 25 Avril dernier.

Le silence recueilli d’une foule compacte a succédé aux chants de soutien, dimanche après-midi, place de la République. Venus de France, d’Italie, d’Allemagne ou encore d’Espagne, plusieurs milliers de membres de la diaspora malienne et ouest-africaine ont manifesté leur fidélité au Colonel Assimi Goïta, chef de la junte, et à la rupture stratégique qu’incarne l’AES.

Sous une marée de drapeaux maliens, burkinabè et nigériens, les organisateurs ont scandé des slogans hostiles à la CEDEAO, accusée de « manipulations », et ont salué la « souveraineté retrouvée » de Bamako.

« Nous sommes ici pour dire que le Mali n’est pas seul. Nous soutenons nos autorités qui ont choisi de se débarrasser des ingérences étrangères », a déclaré Mamadou D., un manifestant venu de Lyon, avant l’hommage solennel.

Un hommage appuyé au Général Sadio Camara

Le point d’orgue de la mobilisation a été la lecture de messages de condoléances en mémoire du Général Sadio Camara. L’ancien ministre de la Défense malien a été tué le 25 avril dernier lors d’une attaque attribuée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.

Le général, figure centrale de la junte et pilier de la refondation de l’armée malienne, a été célébré comme un « martyr de la souveraineté ». La foule a observé une minute de silence, ponctuée par des prières musulmanes.

« Il est tombé au champ d’honneur pour avoir voulu doter le Mali d’une armée digne de ce nom. Nous n’oublierons pas son sacrifice », a lu un responsable de la coordination des associations de la diaspora, sous les applaudissements.

Un message de défiance envers Paris

Si le rassemblement se voulait un soutien à Bamako, il a aussi pris une tournure ouvertement critique à l’encontre de la politique de la France. De nombreux manifestants arboraient des pancartes dénonçant l’ingérence supposée de l’ex-puissance coloniale et de ses alliés.

Cette manifestation intervient dans un contexte de tension diplomatique accrue entre le Mali et la CEDEAO, que la junte a officiellement quittée. L’AES (Mali, Burkina Faso, Niger) tente actuellement de construire une défense commune et de diversifier ses partenariats internationaux, notamment vers la Russie.

Aucun incident majeur n’a été signalé par les forces de l’ordre, qui ont encadré le cortège jusqu’à son terme en fin de journée.

Par Frédéric Konaté 

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