Congo : le petit-fils de Sassou-Nguesso propulsé colonel major sans avoir jamais servi dans l’armée
Un décret signé le 30 mars 2026, rendu public ces derniers jours, a fait de Omar Denis Junior Sassou Nguesso un colonel major et aide de camp adjoint du président de la République. Le texte, paraphé par Denis Sassou-Nguesso, offre également au jeune homme de 28 ans le statut de conseiller du chef de l’État.
Une ascension express qui détonne
Ce qui frappe dans cette nomination, c’est l’absence totale de parcours militaire préalable. Jamais Omar Denis Junior Sassou Nguesso n’a revêtu l’uniforme. Jamais il n’a suivi une école de guerre ni gravi un quelconque échelon dans la hiérarchie des forces armées congolaises. Pourtant, le voilà directement promu au grade élevé de colonel major, un rang que des officiers mettent parfois des décennies à atteindre.
Dans les rues de Brazzaville, la nouvelle est accueillie avec une certaine stupeur. Les parcours classiques – années de formation, stages opérationnels, affectations successives – semblent ici balayés par une simple signature présidentielle.
Famille et pouvoir : les lignes se brouillent
Cette décision, pour les observateurs de la vie politique congolaise, ne relève pas de l’anecdote. Elle dessine au contraire une tendance lourde : l’imbrication croissante entre la sphère familiale et les hautes sphères de l’État. Le président Sassou-Nguesso, au pouvoir depuis des décennies, n’hésite plus à placer les siens aux postes stratégiques, quitte à contourner les règles établies.
Certains y voient une stratégie de succession à bas bruit, une manière de préparer l’après en installant progressivement ses proches dans les leviers de commande.
La décision intervient dans un contexte économique et social difficile pour le Congo, où la population attend des réformes et de la transparence. Ce genre de nomination, perçue comme un coup de force familial, risque d’alimenter un peu plus le sentiment d’injustice et l’usure du pouvoir en place.
Quant aux institutions militaires, elles voient leur hiérarchie bousculée par une logique qui doit plus à la dynastie qu’à la méritocratie. Pour l’instant, ni la présidence ni l’état-major des armées n’ont souhaité commenter cette affaire.
Par Jérôme Wailifu

